2 juin 2008
Un des grands spécialistes français des questions de géopolitique, Pascal Boniface, était jeudi à Vannes pour parler de l'état des forces dans le monde.
Qui dirige le monde ? Les États-Unis n'ont jamais autant pesé, mais peut-on parler de suprématie ? La réponse est non. « Ce pays, fût-il puissant, ne peut imposer sa loi car alors, on pourrait circuler librement dans les rues de Bagdad », souligne Pascal Boniface, directeur de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) et expert à l'ONU.
Pascal Boniface donnait jeudi une conférence au siège du Crédit agricole du Morbihan sur le thème de la gouvernance mondiale, devant des décideurs du département. La présence de plus en plus forte des opinions, même dans des pays autoritaires comme la Chine, est aujourd'hui, explique-t-il, l'une des grandes données des questions géopolitiques mondiales. Certes, il existe des régimes comme ceux de la Birmanie ou de la Corée du Nord, où toute forme d'expression est impossible, « mais ce sont des restes du totalitarisme », indique Pascal Boniface.
Le pétrole restera cher
Cette montée du corps social est une bonne chose mais attention aux manipulations. « Car la conquête de l'opinion devient un enjeu important », dit Pascal Boniface, d'autant que parfois, « ces opinions peuvent être plus chaudes que les gouvernements » ou exercer un resserrement autour d'un régime quand un pays se sent menacé, un risque palpable en Iran.
Face au sujet économique mondial du moment, le prix du pétrole, Pascal Boniface estime comme d'autres spécialistes en géopolitique, qu'il ne faut pas s'attendre à une baisse du prix du baril. « Le pétrole cher est devenu une donnée structurelle. On ne reverra jamais le prix d'avant », assure-t-il.
Pour autant, il souligne que « l'économie mondiale ne va pas mal globalement » et qu'on peut avoir de l'espoir dans certaines parties de l'Afrique, « très courtisées par les Japonais et les Chinois ». La France dans tout cela ? « Étant une grande puissance, dit Pascal Boniface, elle a toujours de l'influence » mais elle ne pourra imposer ses décisions sans « jouer la coordination au niveau européen ».
21 mai 2012 à 18h30
21 mai 2012 à 10h27