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Morbihan

Enseignement. Une loi espérée pour la filière bilingue

23 novembre 2009

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Le développement du breton en milieu scolaire n'est pas un long fleuve tranquille. DivYezh et les élus appellent de leurs voeux une obligation juridique pour booster les inscriptions. Une loi devrait voir le jour en 2010.

«Le breton est une langue menacée, ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'Unesco». Pour le conseiller régional DidierLeBuhan, le salut viendra sans nul doute du développement de l'enseignement. «On constate une progression de 8% cette année dans la filière bilingue, ce qui représente 5.400élèves sur toute la Bretagne. Une progression continue et régulière avec une demande qui ne faiblit pas», se réjouit l'élu, qui avance cependant le chiffre nécessaire de 20.000enfants scolarisés, de la maternelle au lycée, «pour renverser la vapeur» et ainsi consolider la place de la langue.

Chacun se renvoie la patate chaude

Les défenseurs du bilinguisme se mettent à espérer une loi qui obligera la commune de résidence «à reconnaître aux familles le droit à l'enseignement bilingue (français-langue régionale)». Car pour l'heure, c'est plutôt le flou artistique en matière de règles d'inscription. Bien que leur recrutement soit théoriquement cantonal, des maires refusent de voir les enfants de leur commune s'inscrire dans une école d'une autre commune. Et, financement oblige, certains maires de communes d'accueil refusent de préinscrire les enfants venant d'ailleurs. Chacun se renvoie ainsi la patate chaude. Pour l'instant, les inscriptions se font par dérogation. «Il n'y a pas d'obligation juridique, cela reste dans le domaine des possibilités, regrette PaulMolac, président régional de Div Yezh Breizh (association de parents d'élèves pour l'enseignement du breton à l'école publique). Aussi, ce sont les enfants, les parents qui payent, et le breton au bout du compte». «Il y a pourtant une jurisprudence qui affirme que ?tant qu'il y a de la place disponible, le maire doit inscrire les élèves?», poursuit-il. Mais tout cela a un coût et les municipalités profitent encore du flou, arguant parfois du manque de locaux, d'enseignants...

Volontarisme des élus

Mais la fameuse loi attendue devrait voir le jour en 2010. «Un projet a bien été déposé au niveau parlementaire. Proposé par un maximum de députés de l'intergroupe des langues régionales, toutes tendances confondues», note Paul Molac. «C'est une reconnaissance constitutionnelle relancée après de multiples avatars», se réjouit DidierLeBuhan. Qui évoque un vote à l'unanimité dans ce sens, dès 2004, et rappelle que la Région a débloqué cette année 7MEUR, un chiffre qui a plus que doublé depuis cette époque. Un volontarisme qui s'est aussi concrétisé, cette année, par le dispositif Skoazell (secours en breton), une bourse spécifique accordée aux futurs instituteurs en langue bretonne. Et nouveauté encore de la prochaine carte scolaire: les ouvertures de classes se feront désormais par le biais d'une commission quadripartite - Région, départements, le préfet et le recteur (auparavant, le recteur décidait seul). Une vraie volonté de changement. Pratique Div Yezh, tél.02.96.29.23.33. www.div-yezh.org

  • Marie-Hélène Clam

Enseignement bilingue: la fin du concours spécial?

Gwénolé Larvol, président de l'Union des enseignants de breton (UGB), s'inquiète de nouvelles dispositions concernant la formation des enseignants bilingues. «Les projets de maquette du concours de recrutement des professeurs du premier et du second degré, ainsi que le contenu des masters qui les préparent, ont été présentés le 13novembre dernier, rappelle-t-il. Celles-ci placent l'ensemble des filières d'enseignement bilingue dans une situation dramatique. En effet, la formation spécifique des enseignants bilingues en est complètement occultée. Le concours spécial de recrutement des enseignants bilingues du primaire avait été obtenu de longue lutte en 2002 pour satisfaire aux besoins grandissants en enseignants induits par le développement continu des filières bilingues». L'UGB attend un signe du ministère de l'Éducation nationale «qui rassurera les Bretons».
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