10 décembre 2009
Est-ce la personnalité politique ou la militante chrétienne qui vient animer ce débat?
C'est une femme qui a une histoire politique, mais d'abord une chrétienne qui vient témoigner de la grandeur et des difficultés de l'engagement dans la société et la famille.
Pourquoi Vannes? Parce que votre fils y exerce la profession de notaire?
Ce n'est pas lié à mon fils mais j'aurai beaucoup de plaisir à l'embrasser. En revanche, je connais Catherine de Beauregard qui m'a sollicitée cet été pour ce cycle de conférence (*).
Le thème de la soirée est «Engagement: service ou servitude». Le plein accomplissement de soi-même passe-t-il par le don de soi?
Oui, si on ne s'abandonne pas totalement, on reste dans ses limites. Le don de soi permet de se dépasser. Il n'est pas nécessaire d'être chrétien pour le percevoir.
Qui sont ceux qui ont le plus besoin d'aide: les sans-papiers, les prisonniers, les femmes contraintes de porter la burqa, les réfugiés climatiques?
Vous oubliez l'embryon qu'on a tous été. L'homme est fragile et toutes les situations limites méritent notre attention. Quand on ne met pas en premier le plus fragile, on ne prend pas la mesure de la dignité de l'Humanité
Revendiquer une vision chrétienne de la solidarité est-il plus facile aujourd'hui qu'hier?
C'est plus facile, car aujourd'hui je suis à la tête d'un parti, le Parti chrétien démocrate, et je ne pouvais imaginer cela, il y avingtans. Mais être chrétien, c'est prendre le risque de la stigmatisation.
Cela vous a-t-il coûté?
Pendant des années, j'ai été ridiculisée, caricaturée. Mais les choses ont changé en mieux. Il y a plus de respect, plus d'attention, pour ce que je dis.
Le rapport au religieux a changé?
Il y a vingt ans, la laïcité était perçue comme l'interdiction de la religion, aujourd'hui c'est l'acceptation de toutes les religions. C'est cohérent avec l'article1 de la Constitution et c'est la dimension d'accueil de la France.
Jusqu'à accepter les minarets?
La France est une terre d'accueil qui respecte toutes les religions. Le PCD est favorable à ce que les musulmans exercent leur religion. Le minaret n'est pas nécessaire à l'exercice de la religion. Mais il a une force symbolique. Là où il est, cela veut dire terre d'Islam et la France n'est pas une terre d'Islam!
Quel est votre prochain combat?
C'est de développer le PCD qui n'est pas un parti confessionnel. Le courant de pensée que je porte est nécessaire à la majorité présidentielle et il faut que des élus le portent. Je crée aussi une fondation pour la dignité humaine.
Des élus? Vous pensez aux prochaines élections?
Je suis en débat avec l'UMP. J'ai des candidats qui doivent être pris sur les listes. Sinon, je mènerai une liste dans les Pays-de-la-Loire. Car en ayant été évincée du gouvernement, nous sommes la seule pensée qui n'y soit pas représentée.
(*) Dîner débat organisé par l'association Montcalm à la maison du diocèse.