17 février 2009
Les maires de plusieurs communes concernées par le tracé ont manifesté leur inquiétude le 30janvier, lors d'une réunion au conseil général. Pour quelles raisons?
Ils ont montré une certaine impatience quant à la réalisation de ce projet. Pour eux, une quatre voies permet de réduire les temps de trajet entre les différentes localités figurant sur le tracé. Elle représente aussi une plus grande attractivité économique et démographique, ainsi qu'un plus en termes d'image. Je leur ai rappelé qu'un tel projet prenait nécessairement du temps et que le conseil général ne disposait que d'une enveloppe annuelle de 30millions d'euros pour la construction de quatre voies dans le département. De ce point de vue, l'axe Elven-Redon n'a pas été moins bien servi que les autres, à savoir Lorient-Plouay, Vannes-Pontivy et Baud-Pontivy. Dix kilomètres de voie express ont déjà été réalisés dans le secteur d'Allaire. Au total, le passage à deux fois deux voies entre Elven et Redon devrait coûter 150millions d'euros au conseil général.
Quel est l'intérêt de cet axe en termes d'aménagement du territoire?
Sa réalisation facilitera la liaison entre les territoires traversés et le futur aéroport international de Notre-Dame-des-Landes (44). Il s'agit aussi de permettre à tout ce secteur du département de s'arrimer au développement du pôle urbain Nantes-Saint-Nazaire. Nous devons anticiper cette évolution et prendre le risque de créer cette infrastructure. Si l'avenir ne nous donne pas raison sur ce point, cette quatre voies n'en demeure pas moins pertinente car elle irriguera des communes peuplées (Questembert, Allaire) où se trouvent un certain nombre d'établissements industriels.
Construire des quatre voies, est-ce encore défendable après le Grenelle de l'environnement?
Le Grenelle est une chose. La réalité dans le Morbihan en est une autre. La route demeure un outil d'aménagement du territoire et de développement économique. Il suffit d'observer le développement que connaissent Baud et Locminé depuis que ces deux communes sont desservies par des voies express. J'ajoute que construire des routes ne nous empêche pas d'investir pour le train ou de participer au développement de l'aéroport de Lorient. Si nous n'avions tenu compte que des statistiques de trafic sur l'axe Elven-Redon, cette quatre voies n'aurait pas eu vocation à voir le jour. Nous parions sur un bénéfice à venir en termes d'aménagement du territoire. Je suis convaincu de l'intérêt économique et social de ce projet, mais il faudra du temps pour l'achever, peut-être une dizaine d'années.