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Électricité. Des centrales d'appoint menacées

4 octobre 2011 - 1 réactions

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L'avenir s'assombrit pour les producteurs indépendants d'électricité «d'extrême pointe» en Bretagne. EDF veut revoir la rémunération de leur production, qui joue pourtant un rôle clef dans la sécurité de l'approvisionne- ment lors des pics de consommation.

Au moment où la France s'interroge sur sa sécurité d'approvisionnement et où les importations en provenance d'Allemagne deviennent incertaines, la nouvelle donne imposée par EDF aux petites centrales électriques «d'extrême pointe» laisse perplexe. D'autant plus en Bretagne, où le spectre d'un black-out revient chaque hiver avec les premiers froids et où il faudra encore patienter quelques années pour voir le fameux pacte électrique breton donner ses pleins effets.

Une souplesse inégalée

C'est pourtant bien EDF lui-même qui, il y a une quinzaine d'années, avait stimulé l'implantation de ces petites unités au fioul, bâties par des producteurs indépendants. En Bretagne, elles sont aujourd'hui au nombre de neuf. Dont celles de Saint-Coulitz (29) et de Melgven (29) qui se composent de quatre alternateurs de 2.000kVA, capables de produire 6.700 MegaWatt/heure. Une production marginale, certes, mais à laquelle l'opérateur a recours régulièrement: dans le cas de l'usine de Saint-Coulitz, 17 fois en 2007, 11 fois en 2008, 21 fois en 2009 et 25 fois l'an passé. Dans les situations de grand froid mais aussi - ce que l'on sait moins -, lors des pics de chaleur où les pompes à chaleur et autres climatiseurs fonctionnent à plein régime, ces centrales sont utilisées comme le dernier moyen de production appelé, avant le recours au délestage. Leur souplesse est inégalée: «Nous sommes les seuls capables de produire autant de puissance, et aussi vite. Rien à voir avec l'éolien, le photovoltaïque, ou même le nucléaire. En six minutes, on atteint la puissance de pointe. Commandée à distance, la production est alors réinjectée sur un poste source d'EDF», plaide François Guéble.

Le kilowatt passe de 93 EUR à 29 EUR par an

Comme tous ses collègues, le P-DG de la société propriétaire des deux sites de Saint-Coulitz et Melgven avait conclu, à l'origine, un contrat de mise à disposition de l'électricité assez avantageux (93 EUR le kilowatt par an) avec EDF. Des contrats de 15 ans, qui ont ensuite été «reconnus, par la loi de février2000 comme remplissant une mission de service public». Mais aujourd'hui, alors qu'ils arrivent à échéance, le renouvellement de ces contrats ne se ferait pas dans les mêmes conditions. Arguant que les investissements initiaux sont aujourd'hui largement amortis, EDF propose aux producteurs d'indexer les contrats sur les prix de marché (soit 29euros le kilowatt et par an). «Pas viable», selon l'Association nationale des producteurs d'électricité d'extrême pointe (ANPEEP) qui estime «qu'au moindre incident coûteux, à ces tarifs-là, les producteurs seront rapidement dans le rouge».

Portes ouvertes aujourd'hui à Melgven

Si certains producteurs indépendants se sont déjà pliés aux nouveaux tarifs, d'autres ont préféré mettre leurs installations en sommeil. Et alors que leur tour arrive, c'est l'option que semblent également privilégier François Guéble ainsi qu'un de ses collègues propriétaire d'une troisième centrale à Josselin (56). Avant d'en venir à cette extrémité, l'ANPEEP qui a entrepris des démarches auprès du ministère de l'Industrie, demande aux pouvoirs publics de mettre en place un dispositif transitoire. «On souhaite être rémunéré à un tarif proche de celui défini par le rapport Poignant-Sido qui estime que le coût fixe d'une centrale d'extrême pointe est de l'ordre de60euros par kilowatt et par an». Michel Guéble souhaite, en parallèle, sensibiliser les élus locaux et les usagers. Une opération portes ouvertes est donc organisée aujourd'hui, de 10h à 13h, sur le site de Melgven (au lieu-dit Kerléan).

  • Jean-Luc Padellec
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1 réaction

  • freebourg
    Non
    Pourquoi EDF impose encore son diktat aux petits producteurs. EDF impose déjà sa loi et son prix de l'Arenh au grandes entreprises comme GDF qui ne peuvent par conséquent pas concurrencer correctement dans le secteur de l'électricité.
    Ajouté le 4 octobre 2011 à 15h18

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