4 février 2012 - 2 réactions
Les heures des derniers billets en franc sont comptées. Celles de la toute dernière génération, à savoir le 500F Pierre et Marie Curie, le 200F Eiffel, le 100F Cézanne, le 50F Saint-Exupéry et le 20F Debussy. Les possesseurs de ces coupures ont jusqu'à ce vendredi 17 février inclus pour les échanger contre des euros sonnants et trébuchants au centime près. Il suffit de les apporter dans une des recettes du Trésor public du département, en présentant une pièce d'identité (*).
50 millions de coupure dans la nature
«Cette génération de billets préfigurait l'arrivée de l'euro, explique Raoul Pouliquen, directeur départemental de la Banque de France. C'étaient les premiers billets à sortir avec une bande iridescente et une encre à couleur changeante». Quelle est la quantité de billets encore dans la nature? «Sans doute 50 millions de coupures en France, soit une part infime des billets en circulation à l'époque», estime le directeur des succursales de Vannes et Lorient. Cela représente environ 500 M€, soit trois milliards de francs.
Des coupures qui en ont vu de toutes les couleurs
Où sont-ils? Rangés dans une boîte en fer dans un grenier, cachés dans un mur ou dans un matelas, enterrés dans le jardin, etc. Des billets reviennent parfois avec une odeur de moisi ou très abîmés. Mais ils demeurent échangeables s'il reste plus de50% de la surface intacte. Certaines coupures ramenées en ont vu de toutes les couleurs: déchirées, brûlées accidentellement, passées à la machine à laver, mangées par un chien...
Pourquoi une si longue attente? Souvent par négligence ou par oubli. Par peur de révéler une origine incertaine ou dans l'espoir utopique d'un retour au franc... Actuellement, une dizaine de personnes sonnent chaque jour à la Banque de France de Vannes pour se renseigner. Mais d'ici le17 février, on peut s'attendre à un ultime rush! À moins de faire comme les clients de ses rares commerces (à Lamballe, Douarnenez, Plouay) qui acceptent les billets en francs: ils font leurs achats en ayant l'impression de n'avoir rien dépensé.
* Les billets sont ensuite reversés à la Banque de France qui les reconditionne avant d'être détruits à Paris ou Chamalières, commune où ils ont été imprimés.