21 décembre 2011
«Halte à la psychose» en ce qui concerne la dispersion des vases en mer, c'était le message lancé la semaine dernière par le conseil général (Le Télégramme du16décembre). Les associations ont un autre point de vue:«C'est uneatteinte au principe de précaution». Bretagne Vivante, Eau et Rivières, Grains de sable, Sémaphore et un représentant des pêcheurs ont annoncé, hier, à Saint-Gildas-de-Rhuys, qu'il faut s'attendre à des actions de leur part. «Rien n'est décidé mais nous sommes résolus à mobiliser la population et les élus contre ces décisions qui sont contraires au Grenelle de la mer», ont souligné leurs représentants, en reconnaissant la nécessité de draguer les ports mais contestant la méthode.
Prélèvements critiqués
Elles regrettent le fait que le choix du site d'immersion des vases (clapage), «ni cohérent, ni scientifique», ne soit pas remis en cause alors que le contexte a évolué sur le sujet. «Il n'y a pas eu d'évaluation d'incidence Natura 2000 sur ce site d'immersion. Celui-ci est aujourd'hui considéré comme semi-dispersif. Les sédiments portuaires clapés migrent vers les zones Natura 2000 toutes proches et vers le littoral de Rhuys ou d'Houat», soulignent-elles. Pierre Camus (Sémaphore) critique la méthode d'analyse. «Les résultats obtenus sont inacceptables car on a procédé à un touillage des prélèvements avant analyse, masquant ainsi les pics de pollution». «Pour le suivi de la zone, poursuit-il, seuls six points de prélèvement ont été réalisés, dont quatre dans la zone d'immersion de640ha, un nombre ridiculement faible manquant de valeur scientifique concernant les conclusions».
Dragage «archaïque»
Selon Michèle Fardel (Bretagne Vivante), «l'état de l'eau dans Mor Braz, déjà qualifiée de médiocre par le Sdage (Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux), ne pourra s'améliorer qu'en 2027 au lieu de 2015 comme préconisé par la directive européenne». Les quatre associations contestent le mode de décision. Elles soulignent ainsi que la solution du dragage hydraulique a été rejetée sans explication. «La solution retenue concernant le dragage des vases de Port Haliguen n'est pas la plus appropriée, la moins coûteuse et la moins perturbante, souligne Pierre Camus. Le préfet a choisi la méthode archaïquedu dragage mécanique». Les associations affirment avoir «perdu confiance» et indiquent que le comité local des pêches est également «opposé à tout déversement des sédiments issus des ports».