30 décembre 2011
Indiana Jones, Iron Man ou Superman... Le site incriminé propose à la vente des figurines de héros de cinéma. Mais aussi des reproductions de personnages moins recommandables, comme Adolf Hitler ou HermannGöring, accompagnées, parfois, d'une biographie pour le moins flatteuse. De quoi faire bondir le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme(BNVA). Alerté par des internautes de la région parisienne, le BNVA a déposé plainte auprès du procureur de la République de Quimper contre les détenteurs du site. Pour son président, SammyGhozlan, «les faits sont sérieux. Nous avons porté plainte et demandons l'ouverture d'une enquête.La loi française précise que l'apologie de crimes de guerre est illicite. Les peines encourues sont une très forte amende et une peine de prison». À sa connaissance, c'est la première fois qu'un site vendant des objets nazis a une adresse en France. «Jusque-là, ils étaient basés en Belgique ou en Suisse». Dans les mentions légales, on apprend que le site de vente en ligne est basé à Dinéault. En appelant la mairie, Sammy Ghozlan a eu la surprise de découvrir que l'adresse postale exacte correspondait à celle de l'école de gendarmerie de Ty-Vougeret, installée dans la commune.
Le site géré par la femme d'un officier
Quant au numéro de téléphone, il renvoie, a priori, à la maison de fonction qu'occupe l'un des cadres de l'école. Depuis 2006, l'épouse de ce lieutenant-colonel est enregistrée auprès du tribunal de Quimper comme «commerçante» dans le secteur d'activité de la «vente à distance sur catalogue spécialisé». Une personne proche de l'école de Ty-Vougeret laisse d'ailleurs entendre que son activité était de notoriété publique. Et d'ajouter: «Je doute que son mari ait pu tout ignorer des produits qu'elle mettait en vente».
Une enquête interne
De son côté, le colonel Bras, commandant du groupement de gendarmerie du Finistère, s'en tenait, hier soir, au communiqué transmis par le Sirpa (Service d'informations et de relations publiques des armées): «La gérante du site de vente par correspondance est l'épouse d'un militaire de l'armée; elle devra répondre devant la justice des motivations de son commerce, s'il s'avère, au terme de l'enquête, que ce dernier est jugé illégal». Reste que l'inspection générale de la gendarmerie a également été saisie d'une enquête administrative concernant l'officier, «qui devra expliquer pourquoi le siège social de la société titulaire du site a été domicilié dans son logement de fonction».