4 février 2012 - 2 réactions
La question de la fiscalité est un sujet traditionnellement clivant entre la gauche et la droite. Elle prend un relief nouveau avec la raréfaction de l'argent public sous l'effet de la crise et avec la nouvelle donne financière portée par les réformes du gouvernement. Plus de taxes ou moins d'action publique: sans doute l'alternative, clairement posée lors de cette session, sera-t-elle plus dominante que jamais dans les débats régionaux des années à venir.
Absurdité et injustice
Pour Pierrick Massiot, rapporteur du budget, la Bretagne est plus touchée que les autres, du fait des lourds engagements ferroviaires dont le financement commence à monter en puissance. Il note aussi qu'une recette d'État destinée à contribuer au projetLGV ne tient pas compte des investissements des collectivités: ainsi, les Pays-de-la-Loire, qui ne dépenseront que 90millions pour la LGV, recevront une recette supérieure à celle de la Bretagne qui déboursera 830millions. «Absurde», conclut le grand argentier qui rappelle au passage que la Bretagne est la région la moins dotée en crédits globalisés de l'État.
Taxe espérée...
Autre souci: la réforme fiscale a remplacé des impôts dynamiques par des recettes stagnantes qui n'évoluent pas avec la démographie. Et puis, il y a bien sûr la critique récurrente sur l'insuffisante compensation financière des transferts de personnels de l'État vers la Région. C'est «un marché de dupes», a-t-il martelé. «Pendant ce temps, l'État s'est allégé à bon compte de milliers d'emplois, dont il se glorifie dans des bilans tronqués et insincères». La solution qu'il attend du (futur) gouvernement? L'instauration d'un «versement transport» destiné aux financements ferroviaires des Régions. Il s'agit d'une taxe sur la masse salariale versée par les entreprises mais aussi sur les administrations, a précisé Pierrik Massiot, qui a calculé qu'un prélèvement de 0,2% représenterait 40MEUR pour la Bretagne.
Foin des gaspillages
Après avoir contesté une «présentation insincère» destinée à «minorer les dotations de l'État qui ont, en réalité, augmenté de4%», Bernard Marboeuf a tempêté contre la perspective de taxe nouvelle: «La seule solution que vous préconisez, c'est de faire les poches des contribuables pour assurer les fins de mois», a tempêté Bernard Marboeuf, soucieux d'en finir avec «le toujours plus et les gaspillages, pour se concentrer sur l'essentiel». Qu'est-ce qui n'est pas essentiel? Il cite: «La Maison de la Bretagne à Paris, la représentation régionale à Bruxelles, Mégalis qui a achevé sa mission, l'équipe cycliste professionnelle, la représentation aux JO de Londres, les séminaires et colloques, les voyages au Japon, en Chine, au Brésil ou à Durban», ou encore «le budget de communication qui atteint des sommets, à6,3millions!» et qui pourrait être «réduit de moitié».