Conseil général. Neuf ans pour faire une route
Il ne faut pas être trop pressé pour avoir des routes neuves dans le Morbihan. Le délai est passé à neuf ans et il faut s'attendre à ce qu'il s'allonge. Pourtant, il y a les crédits.
Le conseil général du Morbihan a un programme routier dit «prioritaire». Il concerne particulièrement «Le Triskell», axe Vannes-Pontivy, où des travaux sont actuellement en cours à l'échangeur de Collec, à Locmaria-Grand-Champ, et seront poursuivis par la mise à quatre-voies jusqu'à Colpo, la déviation nord de Locminé et la déviation de Pontivy.
Questembert en deux
La départementale Vannes-Questembert, entre La Vraie-Croix et Le Petit-Molac, doit également passer à quatre-voies. Le chantier sera scindé en deux et commencera par la section entre La Vraie-Croix et Bel-Air, à Questembert. «Cette portion est plus facile à réaliser car nous n'y avons pas de contraintes environnementales comme entre Bel-Air et LePetit-Molac où il faut traverser des zones humides et des zones urbanisées», a indiqué JoBrohan, président de la commission Infrastructures, équipement du territoire, environnement et mobilité. Ce projet a beaucoup tardé, s'est plaint François Hervieux. «En 2004, on prévoyait cette route pour 2014. En 2012, pour quand la prévoit-on exactement?», a demandé le conseiller général de Rochefort-en-Terre.
Nouvelles contraintes
«Cet axe est une priorité», a souligné François Goulard, président du conseil général, qui impute les retards en matière de chantier routier non aux crédits mais aux nouvelles contraintes. Notamment la loi sur l'eau, les fouilles archéologiques préventives et la nécessité de détecter des espèces protégées. Si bien que le délai de livraison d'une route est actuellement de neuf ans (sept ans d'études, deux ans de travaux). Et cela, «sans compter les décrets du Grenelle de l'environnement qui n'ont pas été encore publiés», a ajouté François Goulard.
Les insectes d'Hennebont
En matière de retard, Gérard Perron a exposé le cas de la rocade Hennebont-Inzinzac-Lochrist. Leprojet est acté depuis 1997, le Département est propriétaire des parcelles depuis 2000 et les travaux pourraient démarrer en 2014. Mais rien n'est sûr. La découverte de lucarnes cerfs-volants (un mâle et quatre femelles), de libellules (deux mâles agrions de mercure) et d'un papillon (écaille chinée), a détaillé Gérard Perron, réclame l'examen du dossier devant le Conseil national de protection de la nature. «Je ne suis pas contre les espèces protégées mais la sécurité des humains nécessite aussi quelque attention», a indiqué le conseiller général d'Hennebont. D'autant que la desserte du futur centre gérontologique de l'Hôpital Bretagne Sud, dont l'ouverture est prévue en octobre, est contrariée par le même retard. Norbert Métairie, conseiller général de Lorient-Centre, demande que soit trouvée une solution provisoire.
Attente dans le Centre-Bretagne
Un troisième axe routier a retenu l'attention des élus, celui de Lorient-Roscoff, «qu'il faut moderniser», a dit Christian Derrien, conseiller général de Gourin. «Le Centre-Bretagne se désertifie, on ne peut pas attendre». JoBrohan a informé que l'objectif est la mise à deux fois deux voies jusqu'à Plouay et de réaliser au-delà des zones de dépassement. Ce sont 40millions d'euros de crédits qui seront affectés en 2012 pour toutes les routes départementales.
La gauche s'indigne
Le conseil général a décidé, hier, de ne pas reconduire son soutien aux accueils de loisirs sans hébergement (ASLH), activités de loisirs proposées aux enfants dans les communes. 222.000EUR de crédits ont été inscrits pour 2012 mais, à partir du premier semestre, ils seront réorientés vers d'autres dispositifs de soutien aux jeunes morbihannais. Le conseil général estime que cette aide ne relève pas du Département. C'est plutôt aux communes d'intervenir en faveur des ASLH. Cette décision a entraîné une intervention musclée d'ÉmileJétain, conseiller général de Lorient. «Ce sont les familles les plus modestes qui vont en pâtir», a-t-il dit en substance. «Vous vous attaquez lâchement aux accueils de loisirs sans hébergement, sans aucune discussion en commission», avait fustigé, la veille, Hervé Pellois. Pour Christian Derrien, ce sont «les politiques territoriales», qui vont être mises à mal, en prenant l'exemple du Pays du Roi Morvan, «qui, grâce à ces aides départementales, a pu enclencher une véritable dynamique passant d'une situation de quasi-désert à une réelle politique de la jeunesse».
«Pas une affaire d'État»
Philippe Le Ray a riposté en précisant que cette décision a bien été discutée en commission et que la gauche fait preuve là-dessus de «malhonnêteté intellectuelle», dans la mesure où il s'agit de réorienter l'aide aux associations. Et qui ne constituera pas une lourde charge pour les communes, a renchéri Noël Le Loir. Réponse de François Goulard à la gauche: «Il est normal que le conseil général s'interroge sur ses politiques et ne reconduise pas systématiquement ses aides. Il n'y a pas de quoi en faire une affaire d'État. Que diriez-vous alors si on supprimait, comme le fait le conseil général des Côtes-d'Armor, 30% des aides à l'enfance?».
Quelques dossiers en bref
Chikungunya. Le Morbihan a reconduit sa participation dans l'Entente interdépartementale de démoustication du littoral atlantique qui a notamment un réseau d'observation du moustique porteur du chikungunya. L'insecte pathogène a été décelé à Toulouse et Bordeaux. Les jeunes au vélo. Thérèse Thiery estime que le plan vélo du Département pour la création d'itinéraires n'est pas assez ambitieux. Il faudrait inciter les collégiens à l'utiliser comme moyen de transport pour se rendre à l'école, préconise la conseillère générale de Lanester. Faute de dindes... Leconseil général a lancé une politique de clusters (filières professionnelles), dont l'un est destiné à activer l'agroalimentaire. Mais GwenaëlRobin craint pour la volaille de chair dont la production n'est plus suffisante du fait de la diminution des poulaillers. «En outre, les éleveurs ont plus de 50ans et le métier attire peu les jeunes», alerte le conseiller général du canton de Saint-Jean-Brévelay, où 1.400 personnes travaillent dans ce secteur. Trop de mobils-homes? Le département a retrouvé son attractivité touristique. Les nuitées y sont en hausse. Yves Brien, conseiller général de Belle-Ile, se demande, toutefois, si la multiplication des mobils-homes dans les terrains de campings ne constitue pas une concurrence dangereuse pour les autres loueurs, dont les particuliers et le secteur hôtelier. Pierrik Nevanen, président du Comité départemental du tourisme, n'est pas convaincu. Soutien à BSH. Bretagne Sud Habitat est bénéficiaire mais il manque de fonds propres. YvesBleunven, son président, a défendu l'action menée par l'organisme départemental de HLM qui construit plus de 400 logements par an. Il se trouve que l'augmentation des coûts pour chaque logement construit accroît le besoin de liquidités de BSH. Le Département devrait consentir une avance à l'organisme pour qu'il puisse tenir son programme social.
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