28 mai 2009
Un énergumène à l'accent chantant, à la perruque verte et au nez rouge, distribue aux enfants des ballons sculptés en forme de cygne, de girafe ou de fleur, s'accroche au bras des couples qui déambulent, se met au garde-à-vous quand la police passe... La scène est en passe de devenir habituelle devant la porte Saint-Vincent et sur l'esplanade du port de Vannes. Chaque mercredi et samedi, c'est là que la famille Avenel vient désormais faire ses pitreries.
Une grave maladie
Ils n'ont pas toujours été clowns, mais le sont devenus depuis cinq ans: «Notre fille est tombée gravement malade, elle a fait un arrêt cardiaque, raconte Michel, le papa. Elle s'ennuyait à l'hôpital, il n'y avait aucune activité. Quand elle est rentrée à la maison, elle était toute triste et morose. On a voulu lui redonner le moral.» Ils auraient pu s'apitoyer sur leur sort. Ils ont opté pour le meilleur et pour le rire en fondant la compagnie Patapluche:«C'est du bonheur d'être clown, de voir les sourires, d'avoir les petits bisous des enfants...» Ils se proposent d'animer les anniversaires, les mariages, les kermesses, les comités d'entreprises et tous types de fêtes, en Bretagne et même au-delà. Ils ont monté plusieurs spectacles où ils font beaucoup participer les enfants. L'un se penche avec humour sur l'époque médiévale: «Les trouvers de Damoiselle Morgane», avec Messire «Geoffroy aux pieds», Dame «Isabeau de bois» et Damoiselle «Morgane de toi». En fin d'année, Michel Avenel compte aussi revêtir le costume de Père Noël, ce qu'il faisait à Perpignan depuis quatorze ans. Là-bas, sur les bords du Quai Vauban, ils étaient connus et reconnus, chacun avait son fan-club. Mais leur fille Marie-Florina a voulu voir la Bretagne, alors, ils viennent de s'installer à Vannes. Comme un retour aux sources pour Michel, ce Normand qui avait un grand-père breton. La région l'inspire: il prépare déjà un spectacle plus sérieux sur les elfes qu'ils comptent jouer en forêt de Brocéliande.
La thérapie du rire
Ces artistes polyvalents ont plus d'une corde à leur arc. La maman peint et le papa écrit des poèmes. Quant à leur fille, qui a choisi le nom de Hapo parce qu'elle est «amoureuse d'Harry Potter», elle a retrouvé le sourire. Un nouveau succès pour la thérapie par le rire.