29 mars 2008
Carhaix (29) qui se mobilise (*) pour sauver sa maternité et son service de chirurgie pourrait ne pas être le seul établissement à faire les frais des restructurations hospitalières. Dans plusieurs villes bretonnes, les inquiétudes montent.
En s'installant, à la fin de l'année dernière, à la tête de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH), Antoine Perrin avait assuré qu'aucun des 130 établissements hospitaliers n'était menacé de fermeture. Une position que le nouveau directeur de l'ARH nous a récemment confirmée. Pour autant, il n'est pas écrit, qu'ici ou là, un ou des services soient fermés ou restructurés en fonction de l'évolution de leur activité. La réforme de la carte hospitalière ne se fera pas aussi brutalement que celle de la carte judiciaire, mais elle se fera. De quoi inquiéter les populations et les élus concernés. Ce n'est pas pour rien si Jean-Yves Le Drian, le président de la Région est monté tout récemment au créneau pour défendre le réseau des hôpitaux bretons, « composante essentielle du maillage de notre territoire ».
Rien n'est figé
Mais que valent ces paroles face à une machine administrative qui n'a pas vraiment d'état d'âme, comme on a pu souvent le constater dans le passé. Le cas de Carhaix montre que même les engagements pris ne sont pas forcément destinés à être tenus. Le maintien des activités chirurgicale et obstétricale (en raison de la situation géographique de l'hôpital) figurait pourtant bien dans le Sros 3 (Schéma régional d'organisation sanitaire). La preuve, avec les fortes menaces qui pèsent aujourd'hui sur ces deux services, que rien n'est figé. D'importantes restructurations ont déjà eu lieu, d'autres suivront inévitablement.
Après Quimperlé (29) qui a perdu sa maternité et sa chirurgie et Carhaix qui pourrait les perdre, à qui le tour ? Les hôpitaux vulnérables ne manquent pas, soit parce que certaines de leurs activités ont du mal à atteindre un seuil dit de sécurité ou tout simplement parce que l'équilibre financier n'est pas assuré. Pour le moins, il existe des interrogations concernant les services chirurgie des hôpitaux de Morlaix (29) et Douarnenez (29). « Quelque chose se trame à Morlaix », assure Bruno Jardin, secrétaire de l'union CGT Santé du Finistère. Ce que ne dément pas vraiment le nouveau directeur de l'hôpital qui reconnaît que « l'avenir de la chirurgie pose question ».
Interrogations
À Douarnenez (29), également, des interrogations existent autour de la chirurgie, même si le directeur de l'établissement explique que l'on « est protégé par la coopération avec le centre hospitalier intercommunal de Cornouaille ». Le service, dont l'équilibre financier n'est pas atteint, n'échappera probablement pas à une réorganisation.
Landerneau (29) fait aussi partie des hôpitaux pour lesquels rien n'est jamais définitivement acquis, qui doivent sans cesse se battre pour résister aux logiques comptables. « Je sais qu'il y a des bruits et des interrogations », reconnaît son directeur.
Pour autant, avec plus de 700 accouchements par an, la maternité semble, pour l'instant, à l'abri d'une mauvaise surprise. Même chose pour la chirurgie, dont l'activité est en forte progression à la suite de la fermeture d'une clinique.
Manifestation : départ aujourd'hui à 14 h de la place de la gare, à Carhaix.
