21 janvier 2009
«Il s'agit d'un autotest préventif. Vous pouvez ainsi vérifier votre imprégnation, tout du moins si vous êtes des consommateurs occasionnels ou réguliers. Le cannabis pris le vendredi soir peut, par exemple, se retrouver dans les urines le lundi matin», explique Nicolas LeCallonnec, responsable formation et sécurité à la Sacer Atlantique, une entreprise de travaux publics de 1.500 salariés. Face à lui, une équipe d'une quinzaine d'ouvriers et de conducteurs d'engins s'apprête à reprendre le travail sur un chantier de voirie, à Séné. Chacun a reçu un éthylotest et un test urinaire de dépistage du cannabis. Formateur spécialisé dans les addictions, Marc Elie rappelle la législation en vigueur, notamment en matière de conduite d'un véhicule sous l'empire de l'alcool ou de stupéfiants. «Un chauffeur dont le dépistage se révèle positif encourt deux ans d'emprisonnement et 4.500EUR d'amende. Il perd aussi six points sur son permis.» Dans l'esprit des initiateurs de cette distribution, il ne s'agit pas de pointer du doigt une profession ou une couche sociale. «Tous les métiers et tous les milieux sont concernés. D'ailleurs, le BTP est l'un des secteurs qui a fait le plus d'efforts en termes de prévention. Les accidents du travail liés à l'alcool ont régressé», ajoute le formateur. Pas question non plus de soumettre les salariés à des tests obligatoires. «La loi nous autoriserait à le faire, de façon encadrée. Mais nous avons préféré miser sur l'information et la prévention. Chacun est libre de s'autodépister. Il peut aussi demander d'autres tests s'il le souhaite», note Nicolas Le Callonnec.
200 tests distribués
Cette opération déjà menée à la Sacer dans le Sud-Ouest démarre cette semaine dans le Morbihan. Pas moins de 200 éthylotests et 200 tests de cannabis vont être distribués. Il insiste aussi sur «le droit d'alerte» dont dispose chaque salarié en cas de doute sur la sobriété d'un collègue. «Un coup de godet ou un coup de pelle malencontreux, cela peut arriver très vite et faire très mal», ajoute Nicolas Le Callonnec, pour qui «le droit d'alerte ne peut pas être assimilé à de la délation». Chef d'équipe à la Sacer de Vannes, Réginald Rochefort, 22 ans, juge cette opération intéressante «pour sensibiliser les personnes les moins bien informées». «Dans notre équipe, il n'y a pas de problème, affirme Michel Cointo, conducteur d'engin de 55 ans. Mais un rappel à la vigilance est toujours utile car nous faisons des métiers dangereux.»
24 mai 2012 Ã 12h57