26 août 2009 - 2 réactions
Tenus à distance par des gendarmes mobiles, reçus in extremis en fin de programme, les représentants des associations environnementales n'ont guère goûté la visite de François Fillon, la semaine dernière, à Saint-Michel-en-Grève (22). D'autant que les annonces du Premier ministre sont loin de les satisfaire sur le fond. «L'origine des algues vertes est connue: ce sont les nitrates. Sont-elles dangereuses? Cela vient d'être démontré. Alors suffit-il de dire qu'on va payer le ramassage? Et laisser continuer la pollution?», s'insurge Denis Baulier, de l'association Opération Nénuphar. Ce paysan réclame une «révolution» dans la politique agricole.
La luzerne plutôt que le maïs
Avec comme symbole le choix de la luzerne au détriment du maïs. «Le maïs pousse à une vitesse phénoménale mais il laisse fuir l'azote dans le sol. C'est une alimentation pauvre en protéines, qui doit être complétée par du soja», argumente Denis Baulier. À l'inverse, il vante les mérites de la luzerne: «Elle reste en place six à huit ans, a des racines profondes qui pompent les nitrates, est très riche en protéines.» Il cite l'expérience faite à Vittel (Vosges), où la luzerne a permis de réduire à moins de 10mg/l le taux de nitrates et ainsi de protéger l'eau de la source.
Expérimenter
Moins de 10mg/l de nitrates, c'est ce qu'il faudrait sur le bassin-versant de La Lieue de Grève pour éviter la prolifération des algues vertes. «Mais on n'y arrivera jamais avec le maïs. On doit sortir du cycle maïs-lisier», plaide lui aussi Yves-Marie Le Lay, de l'association Sauvegarde du Trégor, et demande une «expérimentation».
Hier, Denis Baulier et Yves-MarieLe Lay avaient à leurs côtés l'avocat parisien RolandRappaport. Ce dernier a rappelé plusieurs décisions de justice reconnaissant la responsabilité des pouvoirs publics dans le phénomène des marées vertes et la pollution de l'eau. Et les associations espèrent bien que ce sujet soit au coeur du débat des futures élections régionales.
24 mai 2012 à 12h57