4 août 2009 - 2 réactions
Les algues vertes ont-elles tué un cheval sur la plage de Saint-Michel-en- Grève (22) ? L'hypothèse, lancée par un médecin, semble confortée par une autopsie de l'animal, qui exclut la noyade.
Mardi dernier, un cheval est mort après s'être enlisé dans une zone mouvante de la plage de Saint-Michel-en-Grève, fortement touchée par les algues vertes. Son cavalier s'était lui aussi enlisé. Après s'être évanoui, il avait été sauvé par le conducteur d'une tractopelle chargé de ramasser les algues vertes (Le Télégramme de samedi).
Intoxication à l'hydrogène
«Le cheval ne s'est pas noyé. Il n'y avait pas d'eau ni de vase dans ses poumons. Il est mort d'un oedème pulmonaire massif». Selon Me Vincent Le Luyer, avocat du propriétaire, tels sont les premiers résultats de l'autopsie pratiquée sur l'animal. Cette autopsie, demandée par le propriétaire, semble démentir les conclusions de la préfecture et de la gendarmerie, qui attribuent le décès à un enlisement et un étouffement. Au contraire, elle paraît conforter la thèse du Dr Philippe, médecin urgentiste à Lannion, qui y voit une intoxication à l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en putréfaction sur la plage. Me Le Luyer rappelle aussi le violent malaise, «avec convulsions, cyanose et perte de connaissance», ressenti simultanément par son client, Vincent Petit, âgé de 27 ans, et qui menait alors son cheval par la bride. Ces observations rejoignent celles du Dr Lesné, spécialiste du CNRS, à propos du décès de deux chiens en juillet2008 sur une plage d'Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc, également infestée d'algues vertes. Deux autopsies montraient «un oedème aigu du poumon».
Le propriétaire va porter plainte
L'avocat de Vincent Petit envisage de déposer cette semaine une plainte contre X auprès du procureur de la République de Guingamp, pour les blessures causées à son client et la perte de son cheval. Il envisage également une action en responsabilité civile, qui pourrait en premier lieu viser le maire de la commune. «C'est le maire qui exerce la police administrative sur la plage. Avait-il pris toutes les mesures pour prévenir du danger?», s'interroge l'avocat, qui se défend de vouloir stigmatiser l'élu local. «D'autres interlocuteurs peuvent être concernés. Et nous sommes choqués de la réaction des services de l'État, qui considèrent que c'est un accident d'un particulier sur une plage. Les professionnels de santé considèrent que c'est un problème de santé publique».
Manifestation dimanche à Saint-Michel
La fédération environnementale Sauvegarde du Trégor appelle à une manifestation de soutien au maire, dimanche 9août, à 15h, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève. «Ce serait une injustice profonde que le maire soit reconnu responsable. Nous allons dire au propriétaire du cheval de se retourner contre l'État», argumente Yves-MarieLe Lay, président de Sauvegarde du Trégor, lui aussi convaincu que ce sont les algues vertes qui ont tué le cheval.
