16 décembre 2009 - 2 réactions
Plus de fertilisation équilibrée, de pratiques agronomiques, d'analyses de reliquats d'azote, moins de maïs... voilà qui fera sans doute plaisir au Cedapa d'AndréPochon et autres tenants de l'herbe, qui tiennent ce discours depuis vingt ans.
«Agriculture positive»
Quoi qu'il en soit, les chambres d'agriculture bretonnes, la FRSEA, les Jeunes agriculteurs, l'Union des Groupements de producteurs de viande et les Coop de France Ouest, regroupés au sein du Comité pour une agriculture positive (Cap), ont présenté, hier à Rennes, un programme d'actions contre les algues vertes qui se veut offensif et pragmatique. Des propositions que ce CapBretagne souhaite voir inscrites dans les expérimentations qui seront menées dans les deux bassins-versants de la baie de Lannion et de Saint-Brieuc. Et ce, en s'appuyant sur les actions menées sur le terrain depuis plus de dix ans par les comités professionnels agricoles.
Méthanisation
Première caractéristique: des mesures spécifiques à chaque bassin-versant. Les agriculteurs préconisent ainsi d'accélérer la mise en place des systèmes herbagers dans «les lieux de grèves», bassin de 170ha occupé à 92% par des éleveurs laitiers et de bovins. Plus de cultures pérennes, aussi, et non plus annuelles, dans les 5.000ha de zones vulnérables dans le bassin de la baie de Saint-Brieuc. Mais sur ce bassin de 65.000ha, occupé par 1.900 exploitations de toutes tailles et de tout type, le Cap plaide pour le recours collectif à la méthanisation des lisiers, fumiers et plantes (20 à 25 unités). «Méthane qui serait transformé en électricité, mais aussi en chaleur pour sécher du fourrage», précise Danielle Even, éleveur à Saint-Donan (22). «Notre but est de produire ensemble durablement», souligne-t-elle. Pas que des mots, affirme le Cap, qui s'engage à «une obligation de résultat dans la précision agronomique». Au travers d'un dispositif de mesures systématiques de reliquats d'azote dans les sols: «Avec un délai de deux ans pour atteindre de bons résultats si les mesures sont mauvaises dans telle ou telle exploitation». Les agriculteurs s'engagent même à une transparence de leurs pratiques de fertilisation, «un outil qui servirait de ciblage pour l'administration».
60MEUR sur cinq ans
Mais attention, soulignent-ils. Tout en admettant leur part de responsabilité dans les marées vertes, ils attirent l'attention sur le traitement des effluents domestiques, qu'ils soient individuels ou collectifs: «On ne peut vendre aux agriculteurs des plans d'action si on a toujours des rejets urbains dans les rivières». Bref, que tout le monde joue le jeu. En tout état de cause, ce programme est évalué à 60MEUR sur cinq ans. Le Cap souhaite, en tout cas, qu'il soit avalisé: «L'État a-t-il intérêt à intégrer des propositions issues de la concertation ou à imposer d'autorité des mesures qui ne seraient pas acceptées? À lui de jouer désormais», prévient Yves-MarieBeaudet, président de Cap.
24 mai 2012 à 12h57