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Alcool, drogue. « Le fléau de l'addiction en Bretagne »

5 juillet 2008

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Nommé directeur de la police en Guyane, Cyril Alavoine tire un trait sur deux années passées dans le Morbihan en tant que directeur de cabinet du préfet. Il dresse un portrait plutôt positif du département et revient sur les problèmes d'addiction des Bretons. Que retenez-vous de ces deux années dans le Morbihan ? Pour moi, qui suis issu d'un service spécialisé de la police, le travail en préfecture fut une ouverture très intéressante. On chapeaute tous les services de l'État avec des problématiques diverses : manifestations, fermetures d'usine... J'ai découvert des domaines que je ne connaissais pas, comme l'agriculture ou la pêche, mais aussi la permanence des soins. Quel est l'événement qui vous a le plus marqué ? Je ne pense pas à un épisode en particulier, mais au travail de fond qui a été réalisé sur la sécurité routière. Les résultats sont encourageants. C'est un dossier intéressant car sa finalité est de sauver des vies, et non pas d'augmenter le nombre de contrôles. L'indicateur suprême, c'est combien de tués, de blessés. L'autre dossier de longue haleine, c'est le travail d'encadrement et de sécurisation des grands rassemblements de l'été. Nous avons veillé à professionnaliser l'organisation des festivals. La mortalité sur les routes a baissé. Le bilan peut-il encore être amélioré ? On peut en penser ce qu'on veut, mais à partir des années 2002-2003, c'est clairement la crainte du gendarme et la mise en place des radars qui ont fait baisser le nombre d'accidents. Dans le Morbihan, la vitesse moyenne a baissé de 10 à 15 km/h. On constate aussi des progrès significatifs sur la tranche des 18-24 ans qui représentent 9 % de la population et 20 % des morts sur la route. Le nombre de jeunes conducteurs alcoolisés baisse. C'est le résultat des efforts de prévention menés avec l'éducation nationale et les milieux festifs. Inversement, la tranche des 35-59 ans n'a jamais bénéficié d'actions pour prévenir des dangers de l'alcool. Il faut faire beaucoup plus dans les entreprises et dans les milieux sportifs pour toucher ces gens-là. En tant qu'ancien chef de la brigade des stups à Marseille, quel regard portez-vous sur la drogue dans le Morbihan ? Quand je suis arrivé ici, j'ai été très surpris par le problème des addictions aux stupéfiants dans le département. Les jeunes Bretons sont les plus gros consommateurs de cannabis en France et figurent parmi les plus grands « expérimentateurs » de drogues dures comme l'ecstasy, la cocaïne, l'héroïne. Il y a une recherche d'évasion et de défonce qui étonne. Sur le trafic, on ne connaît que ce que la police et la gendarmerie mettent au jour. Il est certain que le Morbihan n'est pas une porte d'entrée habituelle de la drogue. Mais vu le nombre de consommateurs, il y a forcément des trafiquants. Quelles sont les forces et les faiblesses du département ? Son premier atout, c'est sa forte identité et le sentiment d'appartenance à la Bretagne. Les racines fortes n'empêchent pas l'ouverture vers le monde extérieur. Il suffit de regarder dans le monde économique les réussites des hommes d'affaire bretons. L'autre, c'est son attrait touristique. Ce département est beau, et ce n'est pas négligeable en termes économiques. Je songe aussi au tissu des industries agroalimentaires qui sont une force dans le contexte actuel. Du côté des faiblesses, je citerais les problèmes d'addiction que l'on retrouve dans toute la Bretagne : l'alcool, le tabac et les stupéfiants. Avec des répercussions considérables qui ne se limitent pas à la sécurité routière et aux affaires de violence. Ce phénomène a des conséquences sur la santé des gens, mais aussi sur les entreprises qui sont pénalisées par les arrêts de travail. Et l'environnement ? Il est globalement bien préservé, à l'exception des eaux intérieures. Mais le fort sentiment identitaire des Bretons et leur attachement à cette terre leur ont fait prendre conscience qu'il était temps d'agir pour résorber ces pollutions. Il y a une mécanique qui est lancée et les agriculteurs en sont partie prenante. J'ai le sentiment qu'on devrait pouvoir régler ce problème à terme.

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