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Mont-Saint-Michel. Visé dans une enquête liée aux futures navettes le maire répond

21 février 2012

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Le maire du Mont-Saint-Michel, Eric Vannier, a été placé en garde à vue et relâché lundi. La cause : une plainte de son prédécesseur à la mairie et concurrent commercial dans l'affaire du point de départ des futures navettes du Mont-Saint-Michel. Les faits et son droit de réponse.

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"Il s'agit d'une plainte pour prise illégale d'intérêt. M. Vannier a été entendu lundi", a indiqué Renaud Gaudeul, le procureur de la République du tribunal de Coutances (Manche), en soulignant qu'aucune conclusion ne pouvait être tirée pour l'heure sur la culpabilité ou non du patron du groupe Mère Poulard.

Le départ des navettes à 900 mètres du parking
"La question est de savoir si M. Vannier est intervenu en sa qualité d'élu dans la décision qui a conduit à privilégier un point de départs des navettes" à 900 mètres du futur parking et non directement du parking, a précisé M. Gaudeul.

Le parquet, qui a confié l'enquête à la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Caen, espère pouvoir trancher d'ici à l'été entre classement, information judiciaire, ou renvoi.

Une désicion à but commercial ?
Le syndicat mixte qui pilote le projet de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel a choisi en octobre 2009 de confier à Veolia le nouveau parking et les navettes reliant celui-ci au Mont. Le point de départ des navettes a été placé à 900 mètres du parking, une distance que les visiteurs devront parcourir à pied.

La plainte a été déposée en mai 2011 par Patrick Gaulois, maire du Mont-Saint-Michel de 2001 à 2008, aujourd'hui UMP. Il possède plusieurs commerces sur le Mont et des parts dans la société Sodetour, qui en a de nombreux sur la côte en face du Mont.

Eric Vannier (DVD) est maire du Mont depuis 1983 (sauf entre 2001 et 2008). A la tête du groupe Mère Poulard il possède une vingtaine d'établissements sur le Mont, ainsi que des terrains et deux commerces sur la côte.

Le projet retenu avait été adopté par le syndicat mixte par 20 voix sur 24. Mais depuis, les élus bretons, minoritaires au sein de l'institution, ont changé d'avis et demandé un départ directement du parking.

Le droit de réponse d'Eric Vannier, maire de la commune du Mont-Saint-Michel.
« Mon audition et celles d’autres personnes par la gendarmerie fait suite à une dénonciation pour prise illégale d’intérêts. Cette plainte est abusive. Son seul objet est de tenter de remettre en cause les décisions du Syndicat mixte de la Baie en charge du Grand Projet. Cette triste démarche contre laquelle je vais déposer plainte pour dénonciation calomnieuse n’est pas motivée par l’intérêt général. Monsieur Gaulois défend un départ des navettes de transport vers le Mont au sud de la Caserne qui serait favorable à ses intérêts familiaux privés. Il néglige que ceci alourdirait considérablement le coût du transport pour les usagers et pour les collectivités et dégraderait les qualités environnementales du projet en cours. L’enquête dont vous faites état au terme d’indiscrétions porte sur une déclaration du Conseil Municipal du Mont-Saint-Michel, prise à l’unanimité, et dont j’ai été le porte-voix naturel en ma qualité de Maire. Ce qui est en cause à travers ma personne c’est la libre opinion des élus du Mont Saint-Michel sur des éléments programmatiques importants du Grand Projet. Pour autant, aucune décision ne peut être reprochée à la Commune puisqu’elle n’en a pas pris. Tous ses pouvoirs de surveillance, d’administration et de gestion du Grand Projet sont statutairement délégués et exercés par le Syndicat mixte. Enfin la voix du Mont dans les institutions du Syndicat pèse pour un vingt cinquième et n’est ainsi aucunement décisive ainsi que ceci a été jugé à plusieurs reprises par la juridiction administrative. La démocratie locale et le Grand Projet gagneront donc à ce que cesse cette mauvaise querelle. L’auteur de la dénonciation néglige enfin que les sociétés que je dirige ont également des intérêts au sud de la zone, ce qui rend ses reproches d’autant plus absurdes ».

  • J.B. avec l'AFP.

 
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