24 septembre 2012
Jusqu'à vendredi dernier, L'Hermine-Bretagne, bateau de Saint-Malo, mouillait à proximité de ZI 24, l'une des bouées qui délimite la zone interdite du barrage de la Rance. 18m plus bas, une épave intéresse particulièrement l'équipe de l'Association pour le développement de la recherche en archéologie maritime (Adramar), présente sur les lieux depuis deux semaines.
Découverte en 1989
«C'est une épave sur laquelle nous avons déjà plongé l'an dernier», indique Anne Hoyau-Berry, archéologue sous-marin, responsable de l'opération. Cette épave, découverte en 1989 par Loïc Martin, lors d'une plongée de vérification de mouillage, abénéficié d'une expertise effectuée par le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), en juillet1996. Elle avait défini que les vestiges, dont onze canons, correspondraient à une épave de l'époque moderne. Commence alors une longue plongée... dans les archives navales. Une véritable enquête, qui a permis de faire cadrer un événement historique avec l'épave de la bouée ZI 24. Le naufrage en 1692 d'un navire marchand de Saint-Malo, le César, venant de Brest pour charger du tabac et des munitions, semble une bonne piste. Talonnant sur la roche du Goutard, en face de Saint-Malo, il avait tenté de se mettre à l'abri à Solidor, puis à Dinard, avant de sombrer sur le site du mouillage de Belle-Grève, face à La Richardais. Ce naufrage, gênant pour la navigation en Rance, a été extrêmement bien détaillé dans un procès qui opposa le capitaine au pilote. Un faisceau de présomptions désigne l'épave comme étant peut-être le César. Dès lors, l'enquête se poursuit sous l'eau. L'objectif de la mission de l'Adramar: dater l'épave au plus près et faire coïncider les détails pour avoir la certitude qu'il s'agit bien du César.
Les objets trouvés à bord répertoriés
Le site est cartographié; les objets trouvés à bord sont répertoriés, parfois sortis, dessinés, photographiés «en fonction de leur intérêt». Certains seront gardés et préservés de leur oxydation pour de futures expositions en musée, les autres remis en place. L'un des points clés: extraire une portion du bois architectural du navire pour déterminer la période de l'abattage des arbres qui ont servi à sa construction. La comparaison des cernes du bois retrouvé, avec des échantillons référencés, permettrait de lever le voile sur l'âge de l'épave. L'étude des prélèvements permettra sans-doute bientôt de dire si l'épave de Belle-Grève est bien le César, navire marchand au service du Roi.
29 avril 2013