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Chambre de commerce régionale. L'offensive rennaise

2 décembre 2010 - 4 réactions

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Où sera implanté le siège de la future chambre de commerce régionale? Les Brestois ont présenté leurs arguments. Les Rennais répliquent dans des termes assez peu diplomatiques...

«Aujourd'hui, c'est la peur de l'inconnu qui prévaut à Brest. Une sorte de peur panique qui leur fait perdre le discernement le plus élémentaire en oubliant les enjeux et la finalité de la réforme». C'est dans ces termes, peu protocolaires, que les Rennais répliquent à la candidature de Brest à l'accueil du futur siège régional des chambres de commerce. En l'occurrence, il s'agit de la liste unique candidate à la chambre de Rennes, menée par Emmanuel Thaunier, signataire de la déclaration qui balaie les arguments brestois avec des accents assez inhabituels.

«Première chambre de Bretagne»

En présentant leur candidature à ce siège régional, les dirigeants de la CCI de Brest ont mis en avant le poids des trois chambres du Finistère (la moitié de l'activité bretonne) ainsi que les impératifs d'aménagement du territoire. Ils considèrent que ce siège, dont le périmètre d'activité est relativement limité (essentiellement des services de gestion et de ressources humaines) serait porteur d'une forte symbolique et que son implantation à Brest ne s'opposerait en rien au maintien à Rennes de services de la CRCI déjà existants, avec un nombre d'emplois d'ailleurs supérieur à ceux de ce futur siège. Arguments balayés par la liste d'Emmanuel Thaunier qui conteste le poids respectif des chambres, excluant désormais «les infrastructures aéroportuaires et portuaires», particulièrement étoffées dans le Finistère. Les Rennais indiquent ainsi qu'ils auront désormais 16 des 57 sièges de la chambre régionale (15pour les trois chambres finistériennes) et que selon les critères préfectoraux de mesure de leur poids économique, leur chambre est désormais la première de Bretagne. Ils notent, par ailleurs, que l'harmonisation régionale de la fiscalité se traduira, à terme, par le transfert de six millions d'euros par an des entreprises rennaises vers le Finistère.

Le même couplet

L'argumentaire des Rennais devient plus contestable lorsqu'ils indiquent que ce siège doit se trouver à Rennes, puisque toutes les grandes administrations y sont, reproduisant à l'identique le couplet qu'eux-mêmes reprochaient jadis «au jacobinisme parisien». Ils estiment, dans le même ordre d'idées, que la Bretagne souffre déjà trop de son éloignement géographique, argument assez singulier pour une ville qui, grâce au TGV, sera bientôt plus proche du centre de Paris que certaines villes de la banlieue de la capitale. Mais c'est en évoquant la «peur» et «la panique» à Brest que les Rennais choisissent un registre assez inattendu qui sent fort le règlement de comptes entre pro et anti-réforme, les Brestois n'ayant jamais caché leur hostilité à une réforme porteuse de nouveaux centralismes.

Entre soutiens et opposants

Où en est actuellement le dossier de ce siège? Dès sa candidature, Brest a reçu les soutiens de la droite du conseil régional, menée par Bernadette Malgorn, ainsi que du groupe de Guy Hascoët (Europe-Écologie Bretagne), et de l'UDB. Outre l'ensemble des élus finistériens, cette candidature est soutenue par Bretagne Réunie (cinq départements) selon laquelle «Rennes et Nantes ne doivent pas recréer une sorte de centralisme régional». Jean-Yves Le Drian, le président du conseil régional, n'a pas pris position, arguant de l'actuelle campagne dans les CCI mais ses alliés de Bretagne Écologie ont sévèrement taclé la candidature brestoise en estimant que le projet de centrale électrique, soutenu par cette CCI, va à l'encontre des actuelles démarches environnementales. Remarque fondée, à ce détail près, que la pointe bretonne est la plus exposée et qu'elle n'a pas d'alternative. L'alerte rouge lancée hier en Bretagne confirme du reste un douloureux constat écologique: les éoliennes bretonnes ne servent pratiquement à rien quand on en a le plus besoin, en période de grand froid anticyclonique. Si Bretagne Écologie a d'autres solutions, surtout qu'elle ne tarde pas à les donner pour éviter que des entreprises de la pointe bretonne ne décident d'aller se mettre à l'abri des pannes électriques du côté de Rennes. Amplifiant ainsi un mouvement de fond qui va bientôt trouver une nouvelle illustration:les47emplois du Centre de gestion des Armées vont être transférés de Brest à Rennes.

  • René Perez
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4 réactions

  • jess29
    Les éoliennes fonctionnent en ce moment
    en Bretagne ! Et quand les pics de consommation ne se font pas sur les périodes anti-cycloniques mais quand il y a du vent et du froid. Ce qui fait que l'éolien (dixit RTE) est en corrélation avec les besoins.
    Ajouté le 2 décembre 2010 à 13h50
  • gec
    à St Brieuc
    A St Brieuc cela mettrait tout le monde d'accord et au CCI 22 ce sont des champions pour manipuler les élus depuis quelques décennies : aéroport de Trémuson sans avions à décoller , extension du port du Légué pour accueillir un bateau par mois etc...
    Ajouté le 2 décembre 2010 à 15h13
  • MARMOTTE
    ENCORE UN MACHIN MONUMENTAL
    D'accord avec gec pour l'implanter à St Brieuc, cette future usine à gaz certainement superflue. Mais d'abord qu'on nous explique ce qui justifie ce siège régional et la valeur qu'il va ajouter aux CCI existantes.
    Ajouté le 2 décembre 2010 à 18h05
  • claude29
    du bruit
    beaucoup de bruit pour un organisme inutile... Plutôt que de créer de nouvelles taxes nationales ou locales, il faudrait faire la liste de tous ces organismes qu'on peut supprimer sans que notre société ne se porte plus mal...
    Ajouté le 2 décembre 2010 à 09h34

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