9 mai 2011
Sur le quai Michel Malinovski de la marina de Pointe-à-Pitre, entre un catamaran de luxe et un monocoque de la Route du Rhum resté passer l'hiver au chaud, mouille le Val d'Orge. Cet ancien caseyeur en impose avec ses 18 mètres face aux embarcations légères qui partent en pêche. À bord, Jean-Pierre Coïc, portable vissé à l'oreille, supervise les préparatifs pour le départ imminent vers Haïti.
35 tonnes de matériel embarquées
Pour paraphraser le chef Brody dans «Les dents de la mer», ils auraient bien besoin d'un plus gros bateau. «On vient de me proposer cinq tonnes de lait en poudre à embarquer, j'ai dû refuser», explique-t-il. Sur le pont du navire, il reste encore de l'espace pour circuler, mais tout juste: «Je dois garder de la place pour la voile». Il a déjà embarqué 35 tonnes de matériel à destination de villages haïtiens, vêtements fournis par des religieuses : cahiers et crayons collectés par des associations guadeloupéennes. «Depuis le séisme (en Haïti, NDLR), les hangars en Guadeloupe sont pleins de vivres mais il n'y a aucun moyen pour les transporter là-bas», constate le marin pêcheur président de l'association concarnoise Solidarité pêche. Pire: «On m'a demandé de faire un aller-retour pour récupérer d'autres vivres. Mais il me manque 5.000 litres de carburant que je ne peux pas payer. J'ai lancé un appel à la télévision guadeloupéenne, on verra bien».
Refoulés à Madère et aux Canaries
Le Val d'Orge est arrivé le 1ermai à Pointe-à-Pitre. Ils comptaient y arriver plus tôt, eux qui ont appareillé sous la grisaille de Concarneau, le 23mars. «On s'est fait refouler à Madère et on n'a pas pu ravitailler en fioul. On a perdu une semaine». Ils sont redescendus vers les Canaries, ont reçu le même accueil et ont, de surcroît, été ralentis par le mauvais temps. Mais aujourd'hui, vaille que vaille, le chalutier appareillera pour une navigation de cinq jours vers sa destination finale. L'équipage de quatre hommes et femmes compte y séjourner huit jours, pas plus. «On doit retourner bosser, on doit rester là-bas le moins longtemps possible».
Un cinquième bateau à armer
Le matériel sera confié à une ONG, la Fondation verte. «Ce sont des gens responsables, ils en feront bon usage», estime Jean-Pierre qui, avec le Val d'Orge, confie là son quatrième bateau aux Haïtiens. D'ici quinze jours, ce sera le retour en Métropole, en avion cette fois-ci, avalant l'océan en sept heures seulement. Arrivé là-bas, pas de temps à perdre. Un cinquième bateau, le Rêve de mousse, sera remis à flots par l'association Solidarité pêche pour devenir un bateau dispensaire et ce, en collaboration avec une association de médecins guadeloupéens qui officie déjà en Haïti. Pratique Solidarité pêche: Pont-Roudou, 29900 Concarneau. Site internet: www.solidarite-peche.org

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012