11 mars 2009
Relaxés en grande partie devant le tribunal correctionnel de Brest fin septembre dernier, les trafiquants supposés de 61,5 kg de cannabis n'ont pas connu le même sort face à la cour d'appel de Rennes.
Six ans de prison contre HényChorfi contre quatre en première instance, 30 mois contre Karim Esslmani au lieu d'une relaxe et 30 mois dont un an avec sursis contre Karim Chorfi au lieu de trois mois de prison: la cour d'appel de Rennes a sérieusement déjugé la décision du tribunal correctionnel de Brest du 24septembre dernier dans cette histoire de voitures go-fast transportant du cannabis.
Un premier procès-fleuve
En mars2007, les policiers arrêtent sur une aire d'autoroute, en baie de Somme, deux puissantes voitures. Dans le coffre de l'une d'elles, pilotée par Hény Chorfi, ils découvrent sans surprise 22.650 EUR et 61,5kg de cannabis en provenance de Rotterdam. Voici un bon moment que ce jeune homme est l'objet de leurs investigations, et les forces de l'ordre sont sûres de leur coup. Dans la seconde voiture, arrivée en premier sur l'aire, pas de drogue mais un duo suspect à bord, composé du frère d'Hény Chorfi, Karim, et de KarimEsslmani. Lors du premier procès, ces deux hommes avaient farouchement nié leur implication et prétexté quelques jours de détente au pays des moulins. Karim Chorfi avait simplement dit qu'il avait accompagné son frère pour un achat de voiture. Et que si «go-fast» ou voiture ouvreuse il y avait eu, cela ne pouvait être qu'à l'aller, quand il n'y avait pas de drogue. Au retour des Pays-Bas, aucun coup de téléphone entre les frères Chorfi n'était venu étayer les accusations du ministère public qui voyait alors, dans ce voyage, une «organisation mafieuse» pourvoyeuse de drogue sur le quartier de Keredern et plus largement, toute la ville de Brest. Au terme d'un procès-fleuve, les défenses avaient pris le pas sur l'accusation. Seul Hény Chorfi, qui avait endossé l'entière responsabilité du transport, avait été condamné. Dans la foulée de ce délibéré, le parquet avait fait appel.
«En toute connaissance de cause»
La lecture de la cour d'appel est donc radicalement différente, et donne raison à l'accusation en estimant que la présence de KarimChorfi et de Karim Esslmani, ce soir-là, était tout sauf fortuite. «Une opération à laquelle ils participaient en toute connaissance de cause», a jugé la cour d'appel dans son arrêt, relevant encore que le frère d'Hény Chorfi a «apporté une assistance constante dans l'opération de transport et d'importation» des 61,5kg de résine de cannabis.
