21 février 2012
Le 27février 2007, à 19h30, un homme est grièvement blessé par balles alors qu'il se trouve dans un cybercafé, La Tahla Phone, rue de Nantes. L'homme est connu pour être impliqué dans diverses affaires de stupéfiants. Partie civile au cours de l'instruction, il ne s'est pas présenté, hier, au procès.
Déscolarisé à 13 ans
Dans le box des accusés, Stéphane Goetz, 25 ans. Né à Nancy, il a 13 ans lorsqu'il suit sa famille venue s'installer à Brest, dans le quartier de Pontanézen. Il quitte le collège en classe de 6e et commet ses premiers actes délictueux. Malgré un suivi éducatif et des séjours de rupture, le jeune homme se laisse prendre dans la spirale de la délinquance. «Les éducateurs n'ont servi à rien», a déclaré sa mère, à la barre. Elle décrit son fils comme quelqu'un de gentil et de non-violent. Pourtant, son casier fait état d'une vingtaine de mentions portées de 2001 à 2010, notamment pour des actes de violence, ports d'arme, outrages, vols et trafics de stupéfiants.
Contentieux avec la victime
C'est de la découverte d'un trafic de cannabis, en 2004, que date l'inimitié entre la victime et Stéphane Goetz. Quelques jours avant le drame du cybercafé, une violente altercation a éclaté entre les deux hommes. Stéphane Goetz est hospitalisé, du 16au 21février, dans une clinique brestoise, après avoir reçu plusieurs coups de couteau. «Qu'avez-vous fait après être sorti de clinique?», l'interroge le président Philippe Roux. «Je ne pouvais plus rester à Brest. Je suis parti en Espagne puis au Maroc où je suis arrivé le 25février». Soit deux jours avant la fusillade de Brest. Le passeport de l'accusé porte deux tampons datés du 25février et du 20mars 2007. Problème, la police parvient à établir que les deux tampons sont faux.
Des traces d'ADN sur le bonnet
Stéphane Goetz est-il celui qui a tiré sur le client du cybercafé? Lui a toujours clamé son innocence. Sur les lieux du drame, les policiers retrouvent trois douilles de 9mm, ainsi qu'un bonnet noir sur le trottoir. Des traces d'ADN appartenant à Goetz sont relevées sur le bonnet. Les témoins racontent que le tireur, dont le visage était dissimulé sous une capuche, a pris la fuite en montant dans une voiture dans laquelle l'attendait un chauffeur. Le blessé a été conduit à la Cavale Blanche et a subi une intervention de cinq heures. Le lendemain des faits, un informateur anonyme prévient la police que l'auteur des coups de feu est Goetz. Quelques jours plus tard, les policiers pensent l'avoir localisé dans un hôtel de la périphérie brestoise. Mais le dispositif mis en place pour l'interpeller échoue. Ce n'est qu'à la mi-mai2007 que StéphaneGoetz est interpellé au domicile de sa mère, à Nancy. Placé en détention provisoire, il est libéré deux ans plus tard et placé sous contrôle judiciaire. Il a, depuis, retrouvé la prison à la suite de nouvelles poursuites. En prison, le jeune homme refuse de voir un psychiatre et tarde à accepter la rencontre avec une psychologue. Entendue hier, celle-ci n'a pas relevé chez lui «de tendance à la manipulation» mais «quelques zones d'ombre dans son récit et, notamment, au cours de ses déplacements au Maroc». Elle n'a pas, non plus, relevé de «tendance agressive même si, du fait de sa personnalité influençable, il peut se laisser entraîner». Les débats se poursuivent aujourd'hui avec l'audition des témoins.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012