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Surpopulation carcérale. Jean-Jacques Urvoas contre l'augmentation des places de prison

17 février 2012 - 6 réactions

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Il connaît bien le dossier des prisons : Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et "M. Sécurité" du Parti socialiste, les a quasiment toutes visitées, en Bretagne. Et dès lundi, à l'Assemblée nationale, il combattra de nouveau le projet du gouvernement visant à augmenter le nombre de places dans les établissements pénitentiaires. Pour l'élu breton, la prison doit être "le dernier recours". Et il dénonce la baisse des moyens alloués aux alternatives à l'incarcération, le "milieu ouvert". Alors que, souligne-t-il, "toutes les études montrent que le taux de récidive est alors plus faible".    

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Plus que les chiffres globaux, et la moyenne du taux d'occupation dans la région - 138% en février 2012 -, Jean-Jacques Urvoas souligne la disparité entre les établissements : "il faut différencier les maisons d'arrêt sur-surpeuplées des centres pénitentiaires qui, comme Lorient, à ma connaissance, accueillent le nombre de détenus pour lesquels ils sont conçus". 

"Le personnel a à gérer des situations humaines extrêmement difficiles"
La sur-occupation des prisons ? Le sujet préoccupe le député, d'autant plus que, souligne Jean-Jacques Urvoas, l'"on n'est pas dans un problème de confort : il s'agit d'une question de respect de la loi. L'encellulement individuel est dans le Code pénal". Et puis, insiste le député socialiste, "on oublie de dire que la surpopulation concerne tout autant le personnel, qui a à gérer des situations humaines extrêmement difficiles, en terme de violence, de mal de vivre...".

L'augmentation de la capacité carcérale de 24.000 places prévue par le gouvernement à l'horizon 2017 ? "C'est un projet que je combats à l'Assemblée nationale. Nous allons d'ailleurs en débattre en deuxième lecture, lundi soir, et je vais redire l'hostilité du Parti socialiste".

Un financement via un partenariat avec le privé
Ses arguments ? "On ne débat pas d'une loi de programmation à quelques semaines d'une échéance comme la présidentielle". Mais, surtout, selon Jean-Jacques Urvoas, cet objectif de 80.000 places de prison au total pour 2017 sera financé par un partenariat public-privé, dans lequel l'Etat va payer des loyers... Or, rappelle l'élu breton, "la Cour des Comptes a rappelé que ce type de financement est une solution extrêmement nocive".

"Des usines carcérales"
Autre argument du "M. Sécurité" du PS pour s'opposer à cette loi : "les établissements pénitentiaires prévus sont des usines carcérales qui accueilleront des centaines de personnes. Or, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, explique que ce type de concentration est nocif à tout point de vue". 

"Les malades psychiatriques n'ont rien à faire en prison"
Enfin, et surtout, pour le député du Finistère, construire 24.000 places supplémentaires n'est pas une bonne réponse aux enjeux : "Les prisons sont devenues des espaces de relégation. Il faudrait déjà que ceux qui n'ont rien à faire en prison soient placés dans des établissements idoines, comme les malades psychiatriques, et la demande serait moins forte".

"Je ne me bats pas pour l'abolition de la prison, souligne Jean-Jacques Urvoas, mais l'incarcération doit être le dernier recours. Il n'y a rien de plus criminogène : plus on a passé de temps en prison, plus le taux de récidive est fort". Du coup, insiste le député, "on aurait intérêt à investir sur des mesures en milieu ouvert". 

Alternatives à l'incarcération : "moins de récidive"
Le milieu ouvert ? "Actuellement en France, précise Jean-Jacques Urvoas, il y a environ 300.000 personnes sous main de justice, dont 175.000 en milieu ouvert. Toutes les études montrent que ces personnes présentent le taux de récidive le plus faible. Or, la majorité ne cesse de baisser les moyens pour le milieu ouvert".   

  • Béatrice Pellan
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6 réactions

  • claudedu29
    un faux débat
    le jour ou les journalistes et les politiques parleront autant des victimes que des pauvres prisonniers dans leurs prisons, notre pays aura fait un grand pas en avant. Pendant qu'on se lamente sur les conditions de détention, que Yannick Noah lui même vient chanter à la prison de Brest (l'année dernière je crois), il y a des victimes qui restent seules face à leur malheur, que les coupables ne leur versent pas les dommages et intérêts qui leur sont dûes.... Ces personnes là, je n'en entend jamais parler.
    Ajouté le 17 février 2012 à 18h03
  • Davidoff
    @ claudedu29
    Bravo, tout est parfaitement résumé.
    Ajouté le 18 février 2012 à 10h21
  • Maël
    HUGO
    Ouvrir une école , c'est fermer une prison" dans la France de sarko , on fait l'inverse!!!! et certains applaudissent!!!!
    Ajouté le 17 février 2012 à 20h08
  • Toutvabien
    Il n'a pas l'air serein
    Pauvre Jean Jacques Urvoas, il en fait une tête, s'opposer à tout va aux projets de la majorité à la longue ça fatigue ! Et encore si ça rapportait ! Au lieu de cela c'est un Bourguignon qui ne prend même pas la peine de capeler sa cravate qui va remporter la palme ! Après s'être fait draguer, se retrouver maintenant en dehors de tout, c'est l'arrêt maladie assuré.
    Ajouté le 18 février 2012 à 15h08
  • deni...
    normal les prisons
    il faut penser aux victimes. les prisonniers n'avaient qu'à rester dans le droit chemin
    Ajouté le 17 février 2012 à 22h25
  • Excalibur
    Saint Jean-Jacques priez pour nous !
    L'angélisme et la naïveté de JJ Urvoas, ministre de la justice ou ministre de l'intérieur auto-proclamé (gaffe ! Ayrault lui mettra des bâtons dans les roues ...) du futur président pressenti par les sondages, sont du bluff. Lui aussi sera obligé d'augmenter le nombre de places dans les prisons, ne serait-ce qu'à cause des conditions indécentes de la détention en France, conditions indignes d'un grand pays démocratique. Son discours n'est donc que de l'enfumage.
    Ajouté le 18 février 2012 à 01h15

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