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Sémaphores. Le coup d'oeil des guetteurs de l'océan

12 juin 2009

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À l'occasion des Journées de la mer, les sémaphores bretons ouvrent leurs portes. Visite guidée de celui de la Pointe Saint-Mathieu, à Plougonvelin, avec son chef de poste, Joël Calvez.

«Les yeux de la mer», «guetteurs de l'océan»... Le maître principal Joël Calvez, chef de poste du sémaphore de la Pointe Saint-Mathieu, à Plougonvelin, énumère les surnoms donnés aux militaires de la Marine nationale oeuvrant dans ces véritables tours de contrôle du trafic maritime côtier. Leur nom officiel, c'est «guetteurs sémaphoristes». Et ne les appelez pas «gardiens». Surtout pas... Coincé entre le monument officiel des péris en mer pour la France et les ruines de l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, ce sémaphore a été érigé au tout début du XXesiècle, avant de connaître une modification architecturale en 1917, puis la mise en place d'une passerelle supérieure à 39m au-dessus du niveau de la mer.



D'ailleurs, selon Joël Calvez, il s'agit peut-être de «la plus belle vue panoramique» des 59 sémaphores du littoral français, répartis dans trois Formations opérationnelles de surveillance et d'information territoriale (Fosit), à Brest, Cherbourg et Toulon. En effet, il est possible d'y observer, notamment, la pointe de la presqu'île de Crozon, l'île d'Ouessant et l'archipel de Molène. Voire, par beau temps, la pointe du Raz et l'îlede Sein. «Je dis souvent aux touristes qui viennent ici qu'ils font une économie de temps et d'essence». Joël Calvez, en place depuis 2006 après un premier passage lors de son service militaire à la fin des années 1970, grimpe «six à septfois par jour» les 95 marches qui conduisent au quartier général.

Près de 7.000 mouvements identifiés chaque année

Justement, dans la pièce où se côtoient radio, écrans d'ordinateur et une paire de jumelles grossissantes, Joël Calvez et ses neuf collègues surveillent quotidiennement, de jour comme de nuit et par périodes de quatre heures, la circulation maritime autour de Saint-Mathieu, surtout le chenal du Four, très emprunté. Leur principale utilité:assurer la surveillance des approches de la rade de la cité du Ponant. «Nous sommes la dernière porte d'entrée avant Brest». Tous les ans, ils identifient entre 6.500 et 7.000mouvements de bateaux de commerce, bâtiments de guerre ou navires de pêche. Autres missions, la participation aux sauvetages en mer, sous la direction du Cross Corsen, la diffusion régulière de renseignements pour la sécurité maritime et un suivi des relevés météorologiques. Mais si l'informatique s'avère aujourd'hui essentielle, elle ne vaudra jamais, dixit Joël Calvez, la bonne vieille «veille visuelle». Histoire de voir progresser «les dauphins et les phoques», compagnons des «guetteurs de l'océan».

  • Aurélien Douillard
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