29 octobre 2009
Lundi à Paris, tous les dirigeants bretons de l'UMP passent le grand oral. Pour Le Guen ou pour Malgorn ? Et voilà qu'Edmond Hervé(PS), ex-maire de Rennes, se lance dans une charge violente contre l'ex-préfète de région...
Lundi à Paris, tous les parlementaires UMP de Bretagne (députés et sénateurs), ainsi que les présidents et secrétaires départementaux sont attendus au siège du parti. Face à la vingtaine de membres de la commission nationale d'investiture, ils vont, les uns après les autres, donner leur point de vue sur les deux candidats en lice: JacquesLeGuen et Bernadette Malgorn. Un grand oral qui ne devrait pas être suivi d'annonce.
Les parlementaires vont devoir choisir
Du côté de l'UMP, on laisse entendre qu'il faudra attendre le 28novembre, après le comité de liaison avec les autres partis de la majorité, pour connaître le verdict, définitif et sans appel. Cet oral de lundi constitue une étape décisive car les grands élus bretons ne pourront plus rester assis entre deux chaises. Jusqu'à présent, seuls des représentants départementaux (comme Patrick Berthelot pour le Finistère) ont pris position alors que les députés et sénateurs sont restés d'une prudente neutralité. Il est vrai que s'ils ne débordent pas d'enthousiasme pour le villepiniste JacquesLeGuen, certains d'entre eux ont aussi quelques réticences à voir Bernadette Malgorn débarquer en force dans un panorama breton où, faute de véritable leader, chacun est maître chez soi. On peut comprendre également qu'ils n'aient pas été enclins à se découvrir quand on finit par ne plus savoir qui de Le Guen ou de Malgorn est le poulain de l'Élysée, tant le jeu est subtil.
Malgorn mène aux points
Dans la dernière ligne droite, une évidence se dessine: l'ex-préfète de région mène largement aux points. Elle a enregistré, ces dernières semaines, des soutiens en rafale et partout où des votes sont organisés, elle l'emporte haut la main. Ce fut le cas samedi dernier dans les Côtes-d'Armor où les cadres lui ont donné 65voix sur 70 exprimés, soit plus de 90% des voix. Même scénario dans les votes de section, comme celui intervenu, hier soir, à Quimper (21 voix pour Malgorn et trois blancs) et l'avant veille dans une réunion à Brest (22 sur 23). Et il n'est pas sûr que la posture affichée par JacquesLeGuen, aux côtés de Dominique de Villepin, mardi soir, à Paris, soit de nature à inverser la tendance.
La charge d'Edmond Hervé
Dans ce contexte, surgit une intervention très inattendue: celle d'Edmond Hervé, sénateur socialiste et ex-maire de Rennes. On savait que ses relations avec l'ex-préfète de région n'avaient pas été cordiales mais on ne pensait pas que la rancoeur était vivace au point de lui faire tenir des propos d'une sécheresse assez peu banale. «Au nom de ma conception de la liberté, dit-il, je me suis toujours interdit de critiquer un fonctionnaire d'État. Aujourd'hui, eu égard à son nouveau statut, je suis libéré d'une certaine conception de réserve et je suis au regret de dire que MmeMalgorn a été le préfet le plus partisan rencontré. Nous l'avons vu à l'oeuvre dans le ?maintien? de l'ordre. Dans certains cas, elle manifestait une conception très sécuritaire, voire provocatrice, en d'autres cas, elle versait dans l'inertie en alléguant le manque de moyens. Il lui est arrivé de ne rien faire par calcul et de laisser une personnalité (fonctionnaire d'État) courir des risques». Une prise de position peu banale pour celui qui dit être «au côté de Jean-Yves Le Drian» dans la campagne qui s'ouvre. Mais en désignant clairement l'adversaire, Edmond Hervé ne donne-t-il pas un coup de pouce supplémentaire à Bernadette Malgorn avant le grand oral de lundi?
Lannion. Élus. Défenseurs du tribunal et en attente d'un sous-préfet
Concarneau. La Poste. Résultats de la votation présentés au député