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Finistère

Pression foncière. « Elle tue les activités du littoral »

23 janvier 2008

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Face aux pressions foncière et immobilière que connaît le littoral, de nombreuses activités sont aujourd'hui menacées. Agriculture littorale, pêche côtière, pêche à pied, conchyliculture, exploitation du sel... ont de plus en plus de mal à conserver la place qui était la leur jusqu'à présent. « Comment protéger et développer ces activités ? » C'est le thème d'un colloque qui se tiendra vendredi à l'université de Bretagne Sud, à l'initiative d'Yves Lebahy, géographe et professeur à l'IUP. Spécialiste du littoral, il tire la sonnette d'alarme. Vous semblez assez alarmiste sur la situation du littoral breton. Ce que vous constatez est-il si inquiétant ? Il n'y a plus un littoral en Bretagne qui échappe à la pression urbaine. Les choses vont beaucoup plus vite qu'on pouvait l'imaginer il y a encore deux ans. Après la côte sud, c'est au tour de la côte nord. Aujourd'hui, c'est dans la zone des Abers que la pression se fait le plus sentir. Là, deux phénomènes se télescopent : la périurbanisation avec le « grand Brest » et le développement de l'économie de villégiature. Ce processus est en train de tuer les activités primaires. Les élus ont-ils conscience de ce processus ? Il faut que les élus se rendent compte que les activités primaires sont essentielles à tout le monde. En Cornouaille, elles représentent quand même un tiers des emplois directs, indirects et induits. Le problème, c'est que souvent, les élus sont très favorables à l'économie de villégiature. Ils sont même obsédés par cette économie. Mais est-ce que l'on doit supporter sans fin cette arrivée de population, sans la moindre régulation ? Mais comment mettre fin à cette urbanisation ? Il faut d'abord que les élus modifient leur manière de voir les choses. Au lieu de se demander, lors de l'élaboration d'un PLU : « Qu'est-ce que l'on urbanise ? », il faudrait qu'ils se posent plutôt cette question : « Qu'est-ce que l'on préserve pour ces activités ? » Il ne faut plus laisser ces espaces au libre marché. Facile à dire, mais comment faire ? On peut concevoir que les communes, propriétaires de terres, les louent aux agriculteurs. C'est ce qui est fait à Groix (56). Même s'ils ont été des pollueurs, les agriculteurs ont aujourd'hui un rôle essentiel. Ils ont compris qu'ils ne peuvent plus exploiter impunément les richesses primaires. Le moyen le plus efficace pour bloquer l'urbanisation, c'est de faire que l'agriculture soit vivante. Et en mer, comment intervenir ? Si on veut préserver toutes ces activités littorales, il faut qu'elles se réapproprient leurs territoires. La territorialisation des zones de pêche en mer bordière, c'est faisable. La coquille Saint-Jacques, en baie de Saint-Brieuc, est un exemple typique. Ce colloque est gratuit et ouvert à tous. Une vingtaine d'intervenants sont attendus. Contact : François Perchec, secrétaire de l'IUP, tél. 02.97.87.65.38.

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