22 octobre 2009
Comme la veille, plus de la moitié des salariés finistériens de Pôle emploi étaient, hier, en grève. Une quarantaine d'entre eux a, dans l'après-midi, investi la direction territoriale du département, à Brest. Alain Madec, directeur, et Dominique Poulaille, son adjoint, les ont reçus, pour un long échange tendu. Compte rendu à la volée. «Nous sommes à cran. Dixmois après la fusion Assedic-ANPE, nous vivons une situation impensable. Nous faisons deux métiers en un. L'informatique n'est pas adaptée. Nous n'avons même pas les documents qu'il faudrait. Monsieur Madec, il n'est plus l'heure de plaisanter, comme vous le faites, en nous renvoyant vers la hiérarchie. Nous voulons des réponses concrètes à des problèmes qui relèvent de votre compétence. Avec des entretiens d'une demi-heure pour l'indemnisation, plus une demi-heure pour le placement, il est infaisable de renseigner correctement les gens. Ils se sentent quasiment ?foutus? dehors. L'agressivité verbale et physique monte dans les files d'attente.Il ne se passe pas une demie journée sans qu'une collègue craque. Cette fusion n'a pas été préparée correctement».
CDD: trois jours de formation
En difficulté, Alain Madec a rappelé ses rencontres régulières avec le terrain. «Ça ne suffit pas. Il faut agir maintenant». Dominique Poulaille a, lui, estimé qu'il fallait savoir avancer à petits pas et affirmé que l'objectif était qu'il n'y ait plus de file d'attente du tout. «Oui, mais les gens viennent. Les réponses qui leur sont faites au 39.49 ne sont pas à la hauteur de leurs attentes, parfois complexes. Alors, ils viennent. Et nous savons que les flux des demandeurs d'emploi vont encore augmenter. Vous savez combien de jours de formation reçoivent les CDD - soit 70% des personnes embauchées dernièrement -, souvent placés en première ligne à l'accueil?». Silence gêné de Dominique Poulaille. Puis, réponse hésitante. «Quelques jours». «Oui, trois!».

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012