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Finistère

Pleyben. Un nom nazi proposé pour la nouvelle salle...

12 février 2009

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La municipalité de Pleyben a lancé une consultation sur son site internet pour trouver un nom à une future salle. Dans la liste figurait jusqu'à hier soir, le nom d'un dignitaire nazi.

La démocratie participative a parfois du bon. Mais pour la municipalité de Pleyben, elle aurait pu se transformer en cauchemar. Au départ, l'initiative est louable: il s'agit de sonder la population pleybennoise via le site internet de la commune, afin de baptiser une salle multifonctions qui ouvrira ses portes prochainement. Parmi les suggestions des citoyens internautes, on retrouve des propositions très classiques comme Sal ar gouelioù qui signifie salle des fêtes ou le Triskell, un fameux symbole breton. Mais le hic était de retrouver parmi les 28 noms proposés celui de Hans Johst. Qui était cet homme méconnu, à part de certains historiens?

Le «barde des nazis»

Hans Johst était en fait un auteur de théâtre allemand, qui en 1933, carte du parti nazi en poche a fait dire à un de ses personnages scéniques, dans la pièce intitulée Schlageter. «Lorsque j'entends le mot culture, j'enlève le cran de sûreté de mon Browning». Par ailleurs auteur et romancier, cet homme décédé en 1978 a été récompensé à plusieurs reprises par des prix décernés par le Parti national socialiste allemand. Certains historiens de la SecondeGuerre mondiale le surnomment «le barde des nazis». Stéphane Girodon, adjoint au maire et modérateur du site municipal avoue «avoir filtré certains papiers irrévérencieux envers les municipalités actuelles et précédentes».

«J'ignorais qui c'était»

En revanche, le nom de Hans Johst, qui interpelle dans cette liste très bretonnante, ne lui a pas sauté aux yeux. «J'ignorais tout simplement qui c'était. Si c'est un nazi on retire ce nom et puis c'est tout». Chose faite, hier, vers20h. Une décision sage puisque l'éditeur du site ainsi que l'auteur du message posté pourraient tomber sous le coup de la loi. «On peut considérer qu'il y a eu, au moins provocation à la haine raciale. Des poursuites sont envisageables. Dans ce cas, c'est l'éditeur du site internet qui serait mis en cause. Ces cas ne sont pas rares et généralement une lettre recommandée avec accusé de réception suffit à faire retirer un nom d'une liste, comme c'est le cas ici. Sinon, la cour des référés peut être saisie» explique Gilles Buis, avocat parisien, spécialisé dans le droit de la communication et de l'internet.

  • Thomas Duprat
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