26 mai 2010
Une centaine de réunions en deux ans! Même si la mise en place du Parc marin d'Iroise donne l'impression d'une mer à l'étale, ses dirigeants affirment qu'il s'est passé beaucoup de choses en coulisses. Et que ce projet avait besoin de trouver le calme et la sérénité qui ont tant fait défaut lors de sa longue et tumultueuse élaboration. Ces deux années de concertation impliquant plus de 200 personnes arrivent au stade final. Le plan de gestion du premier parc marin français (21 agents dont 11 sur le terrain) sera présenté en septembre, fixant de grandes orientations pour les quinze années à venir.
Pierre Maille: «Aucune interdiction»
Hier, au Quartz, à Brest, se tenait une ultime rencontre réunissant les membres du comité de gestion et les intervenants extérieurs autour de Pierre Maille, président du parc, et de l'amiral de Saint-Salvy, préfet maritime. L'occasion d'un tour d'horizon avant la mise en oeuvre du plan de gestion pour lequel «aucune interdiction ne sera édictée», assure PierreMaille, rappelant que cette structure a pour vocation de réunir tous les intervenants sur le milieu marin d'Iroise et non d'ajouter des interdictions à celles qui existent déjà. Il n'en reste pas moins que ce plan ne sera pas gravé dans le granit et que, chaque année, des actions nouvelles pourront être édictées pour une meilleure gestion des ressources, notamment pendant les périodes où les espèces viennent se reproduire le long de la côte.
Derrière le bar
Mais pour mieux gérer ce parc et les espèces qui l'habitent, encore faut-il connaître avec exactitude ce milieu. Or, il ressort de ces deux premières années que la mer d'Iroise est un système d'une extraordinaire complexité, au point que «l'on connaît peu de choses», selon les propos du directeur du parc marin, ThierryLantéri. Ces deux années ont, en effet, été comme un révélateur de la méconnaissance sur des éléments aussi fondamentaux que l'évolution des ressources halieutiques en mer d'Iroise ou les mécanismes de reproduction et de migration.
Comment connaître la pression de la pêche?
Outre les actions déjà lancées autour des ormeaux de Molène ou des langoustes d'Ouessant, des recensements d'espèces vont être activés puisque parmi la faune fréquentant la mer d'Iroise, seul le maquereau est sous quota donc avec un certain niveau d'évaluation des effectifs. Pour le reste, on est dans le flou quasi-complet ce qui va mener à des opérations aussi diverses que des marquages de bars, des évaluations bathymétriques des champs de laminaires ou des études sur les étoiles de mer de la baie de Douarnenez qui ont colonisé les fonds et chassé les coquilles Saint-Jacques et certaines espèces de poissons. Cet effort de meilleure connaissance du milieu doit également mener à une évaluation de la pression de la pêche (professionnelle comme de loisirs) sur ce milieu. Un sujet complexe et épineux à l'heure où les perspectives de permis de pêche plaisance commencent à agiter tous les plans d'eau de France.
Le plan de gestion détaillé en septembre
Pierre Maille se veut rassurantsur le sujet: «Nous voulons évaluer cette pression pour mieux connaître son impact sur la ressource et voir ce que nous pouvons faire ensemble». Quelle modalité sur le plan pratique: «Cela pourrait se faire, indique-t-il, sur le mode d'une inscription comme la pratiquaient les plongeurs, il y a quelques années». Rien n'est encore fixé sur cette disposition qui sera détaillée en septembre comme l'ensemble du plan de gestion.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012