8 novembre 2010
Dans le deuxième tome de «L'archéologie d'une île à la pointe de l'Europe: Ouessant», les archéologues Jean-Paul Le Bihan et Jean-François Villard se sont intéressés à la période de l'âge du bronze moyen, de 1500 à 1200 ans avant J-C. «C'est la première fois, dans tout l'ouest de la France, qu'un grand site de cette époque-là est fouillé. Cela nous a livré énormément de renseignements sur la vie quotidienne, l'architecture, la pêche, l'élevage, l'artisanat, la métallurgie et la religion. Notamment la fameuse bernique dont un exemplaire en bronze, cas unique dans l'archéologie européenne, a été trouvé, et qui était sans doute un objet de culte», commente Jean-Paul Le Bihan qui a eu le souci de donner au lecteur, qu'il soit archéologue, historien ou tout simplement passionné, toutes les clés.
Sur les routes de l'étain
Ces données accumulées depuis une vingtaine d'années ont été mises en perspective avec ce qui se passe en Europe continentale à la même époque. Une période de très grand dynamisme économique, où la métallurgie se développe de façon extraordinaire. «Les modèles de poterie, on les trouve en Suisse, en Allemagne, en Italie, dans le sud-ouest ou le centre de la France. On s'est rendu compte que la Bretagne était en contact avec ces régions-là, plus qu'avec la Normandie ou les îles britanniques», poursuit l'archéologue et directeur du CRAF (Centre de recherche archéologique du Finistère). Selon lui, Ouessant n'était pas un comptoir commercial mais une escale technique sur les routes de l'étain. «Les gens voyageaient et se faisaient aider par des pilotes recrutés sur place. Ce qui fait la fortune d'Ouessant, c'est sa position géographique entre l'Europe du nord et l'Europe du sud. Le rail d'Ouessant, il a 3.500 ans».
De nombreuses illustrations
Cela explique aussi, sans doute, la découverte d'objets précieux sur les zones de sanctuaire. Les gens faisaient des offrandes pour remercier les dieux d'être arrivés jusque-là et demander leur protection pour la suite du voyage. Cet ouvrage de 600 pages abondamment illustré, avec plus de 300 photos et 193 planches de dessins de Julia Roussot-Larroque, peut aussi se lire, estiment leurs auteurs, comme une bande dessinée. Deux autres tomes sont prévus, l'un consacré à la poterie du premier âge du fer et l'autre aux religions. Quant au chantier de fouilles, d'ici un ou deux ans, il devrait être fermé et laissé aux «archéologues du futur». Pratique «L'archéologie d'une île à la pointe de l'Europe: Ouessant», tome 2. En souscription au prix de 50 EUR (port gratuit) jusqu'au 15novembre ou sur commande auprès du centre de recherche archéologique du Finistère, 2, rue du Stivel, à Quimper.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012