27 janvier 2009 - 2 réactions
Trois policiers comparaîtront demain devant le tribunal correctionnel de Nantes pour «faux témoignage» et «délaissement» après la mort d'un ouvrier tunisien, Taoufik el-Amri, dont le corps a été retrouvé en décembre2006 dans un canal de Nantes, deux semaines après un contrôle policier. Taoufik el-Amri, âgé de 33 ans et père d'une fillette, avait disparu dans la nuit du 22 au 23novembre 2006 après avoir été embarqué en état d'ébriété par les trois policiers, sur une grande avenue de Nantes. Les policiers avaient ensuite relâché l'ouvrier au lieu de le conduire en cellule de dégrisement, comme le demande la procédure pour toute personne en état d'ébriété avancée, en certifiant que l'ouvrier ne semblait pas suffisamment ivre pour cela. Les derniers témoins à avoir vu Taoufik el-Amri vivant l'ont aperçu alors qu'il sortait du fourgon de police, à 600 mètres du canal Saint-Félix, plusieurs centaines de mètres plus loin que l'endroit où les policiers avaient affirmé l'avoir relâché. Le corps a été découvert le 12décembre dans le canal et l'autopsie a déterminé que l'ouvrier était mort d'une noyade par hydrocution et qu'il présentait un taux d'alcoolémie de 3,74g/l de sang au moment de la chute dans l'eau.
«Faux témoignage»
Lors de cette affaire très médiatisée, les policiers avaient tenu à plusieurs reprises des propos contradictoires devant la justice. Ils ont été mis en examen pour «faux témoignage» et «délaissement (...) d'une personne incapable de se protéger en raison de son état physique», avant d'être provisoirement suspendus. Mais l'enquête n'a jamais permis d'établir le déroulement des faits entre le départ des policiers et la noyade de l'ouvrier dans une zone où se trouvent pourtant de nombreux bars et donc, de potentiels témoins. Lors de l'instruction, un SDF, soupçonné d'avoir rencontré et précipité à l'eau l'ouvrier, avait été mis en examen pour «coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner» et placé sous contrôle judiciaire avant d'obtenir un non-lieu.
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