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Nobel sport. Le chef de la sécurité piégé par les flammes

6 novembre 2009

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Le 28juillet 2006, un salarié de l'entreprise Nobel sport, spécialisée dans la production de poudre pour les fusils de chasse et les armes de tir, trouvait la mort dans une aire de brûlage des déchets de production. Poursuivie pour homicide involontaire, l'entreprise était représentée hier devant le tribunal correctionnel de Quimper par son P-dg. Il fait beau et chaud en ce début d'après-midi du 26juillet. Sur le site de l'ancienne poudrerie de Pont-de-Buis où s'est installé Nobel sport, trois salariés s'affairent sur l'aire de brûlage des déchets de production. Ils empilent les palettes sur les résidus pyrotechniques quand soudain, le chef de la sécurité, OlivierQuéffelou, 34 ans, se trouve piégé par un départ de feu. Les flammes s'élèvent à trois ou quatre mètres de hauteur.



Pris de panique, ses deux collègues, conscients de la rapidité de la poudre et du feu, prennent leurs jambes à leur cou. Puis, ils reviennent vers le brûloir avec deux lances à eau. À l'arrivée des secours, Olivier Quéffelou décède, brûlé au troisième degré.

Incidents antérieurs

Les différentes enquêtes n'ont pu déterminer les causes du départ de feu. Citant les rapports de la Drire et de l'inspection du travail, le président du tribunal a interrogé le P-dg de l'entreprise sur les dispositifs de sécurité. Avant le drame, d'autres incidents avaient déjà eu lieu. Pour les avocates des parties civiles, ces rapports ne laissent aucun doute sur la responsabilité de l'entreprise dans le drame. «Ils ont relevé une série de manquements, l'absence de nettoyage suffisant, un mélange des déchets et le non-mesurage de l'hydrométrie des déchets». Le substitut Bergot a aussi estimé que «l'entreprise avait laissé couler un certain nombre de pratiques qui constituent aujourd'hui l'imprudence». Une imprudence qui, selon lui, «est la seule cause du décès». Il a requis une peine d'amende de 20.000 EUR dont 10.000 EUR avec sursis. De son côté, l'avocat de Nobelsport a plaidé la relaxe de son client estimant que sans cause reconnue, on ne pouvait déterminer de responsabilité. «Le chef de la sécurité, n'a-t-il pas manqué de rappeler, c'était Olivier Quéffelou». Le délibéré sera rendu en décembre.

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