16 janvier 2012
Bernard Thomas était bien connu des gens du Cap Sizun, où il séjournait plusieurs mois par an depuis de nombreuses années. Il possédait une maison dans le village d'Esquibien, non loin de la pointe du Raz. Une maison qu'il avait rachetée à celui qui avait été un temps son beau-père, le compositeur de musiques de films GeorgesVanParys. Journaliste engagé, Bernard Thomas avait le verbe libre et la gouaille attachante. Il était connu pour ses chroniques dans le Canard Enchaîné, où il était entré en 1974. Il y tenait les rubriques théâtre et télévision. Il faisait également partie de l'équipe de critiques dramatiques de l'émission de FranceInter, Le Masque et la plume. Il avait été l'un des membres fondateurs du Magazine Littéraire, en 1966, et de L'Idiot International, aux côtés de Jean-Edern Hallier quelques années plus tard. Dans son antre d'Esquibien, Bernard Thomas avait écrit nombre de ses articles, pamphlets, romans, essais et pièces de théâtre. Son dernier ouvrage, «Le voyage de Yann», paru chez Jean-Claude Lattès en 2008, raconte comment son propre fils, miraculeusement rescapé d'une chute sous une rame de métro, a surmonté les irréparables séquelles de l'accident avec une force magnifique. Et le hasard a voulu que ce soit dans un train, celui qui le conduisait de Paris vers la Bretagne jeudi dernier, que BernardThomas a trouvé la mort, à la suite d'une crise cardiaque.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012