25 juin 2009 - 6 réactions
J-1 avant le multisons de Saint-Thégonnec. Le rassemblement de 3.000 à 4.000 teufeurs prévu de demain, 20 h, à dimanche, 18 h, divise la commune nord-finistérienne. Reportage.
La commune de Saint-Thégonnec semble divisée : d'un côté, il y a ceux qui acceptent, bon an, mal an, la tenue du multisons; de l'autre, ceux qui y sont hostiles et le mot est faible. A l'image de cette femme d'une quarantaine d'années rencontrée au "Bar des sports" : "Les anciens ont peur de ne pas dormir. Il y a aussi les jeunes qui vont être tentés...". Et d'ajouter : "On sait que les dealers ont déjà caché leur came dans le coin, afin de ne pas être pris au début du multisons".
"Les gens ont le flip de la dope"
Son voisin est un peu plus nuancé. "J'ai eu ma période. Il faut avoir conscience que les teufeurs sont là pour faire la fête. La drogue ne concerne qu'une minorité, un petit pourcentage... Le problème est que les gens ont le flip de la dope".
A trois-quatre kilomètres de là, à proximité du terrain de quatre hectares et demi qui accueillera l'événement, on est excédé. L'exemple de cet agriculteur, qui a voulu rester anonyme, est intéressant. Ses inquiétudes sont multiples. "Je viens être obligé de parquer mes bêtes, à cause du bruit bien sûr. Je crains aussi pour mes cultures".
L'épandage de lisier envisagé
Jusqu'à hier, certains riverains envisageaient d'épandre du lisier sur le champ en question, afin de faire fuir les amateurs de tels rassemblements. Ils se sont ravisés sur les conseils du sous-préfet. "Si on le fait, ils iront ailleurs et il y aura probablement plus de dégâts".
A la mairie, on espère que les organisateurs tiendront parole. "Ils ont promis de rendre le terrain propre", explique Sandrine Léost, adjointe au maire. Cette dernière veut également croire que les nuisances seront réduites. "Hier, nous avons été rassurés sur le plan de l'organisation et de la mise en place des services de sécurité". Un dispositif géré par la sous-préfecture.
D'autres habitants se sont fait à l'idée. "Ils ne vont pas voler nos poules", s'amusait, ce matin, une cliente du "Bar des sports". Assise elle aussi à la terrasse, Marie Aubin, gérante du "Pub des enclos", a, pour sa part, décidé d'y mettre les pieds, "histoire de ne pas mourir idiote". "Des anciens m'ont aussi dit qu'ils le feraient". On le voit, Saint-Thégonnec attend donc ses teufeurs avec une inquiétude plus ou moins réelle.
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