20 octobre 2007
Robes noires, écharpes tricolores, ou tenues de tous les jours. Avocats, greffiers, syndicalistes, commerçants, élus. La manifestation organisée à l'initiative du barreau morlaisien, à 18 h, hier, et largement relayée par les élus locaux de l'arrondissement, aura donc rassemblé un patchwork de 500 personnes.
Rendez-vous était donné à 18 h, devant la mairie. L'heure de l'apéro théâtral, assuré par la troupe de la Corniche. Pour singer la très contestée refonte de la carte judiciaire, un « procureur électronique » et une « avocate de poche ». Un orgue de barbarie, quelques tours de manivelle... et voilà tout le monde, l'ancienne garde des Sceaux Marylise Lebranchu et le maire Michel Le Goff en tête, partis pour entonner un « Ah Rachida, ton attitude nous agace ! » sur un vieil air de java...
Une rencontre au ministère
« Rachida Dati m'a promis une rencontre. Mais quand ? Seul le directeur adjoint de son cabinet va pour l'instant me recevoir, avec trois autres parlementaires bretons. Ce sera la semaine prochaine », explique Marylise Lebranchu, une fois les festivités théâtrales terminées, « convaincue, dit-elle, de l'aberration » qui se prépare, et qu'il ne faut pas mettre à mal la Justice, ce « fondement de la démocratie ».
Le bâtonnier de Morlaix, M e Chapel, enfonce le clou : « Nous sommes confrontés à une question de société. On nous avait dit que cette réforme allait permettre des économies. On nous annonce maintenant qu'elle va coûter 500 millions d'euros. Où est la logique ? »
Pleins feux sur le tribunal
18 h 30 : le cortège quitte pacifiquement le parvis de la mairie pour aller découvrir une autre « surprise », devant le tribunal de grande instance, à quelques centaines de mètres de là. Les services municipaux veillent. La mèche peut être allumée. Et crac... un, deux, trois éclairs dans le ciel. Et pfffttt... des feux de Bengale rouges et bleus embrasent la façade du tribunal, qui semble soudain la proie des flammes. Encore un dernier tour dans la cour de l'hypothétique Cité judiciaire, à deux pas de là, pour terminer.
La rénovation est superbe mais les locaux attendent, depuis 2004, leur aménagement intérieur (pour y regrouper les tribunaux d'instance, de commerce et des prud'hommes, NDLR). Et Marylise Lebranchu n'oublie pas de le rappeler : « Si le ministère de la Culture a permis cette première tranche de travaux, c'était à une condition : que l'État investisse ensuite les lieux pour en faire un service public... ».
21 mai 2012 à 09h45 - 9 réaction(s)