23 décembre 2011
Le discours local tranche avec les prévisions alarmistes des principales organisations professionnelles de la construction et du logement au niveau national (*). Mercredi, elles annonçaient «au moins 35.000 suppressions d'emplois dans le secteur en 2012», conséquence d'une politique gouvernementale qui serait défavorable à la construction. «Nous avons fait un tour de table la semaine passée et les retours étaient plutôt bons pour le premier semestre 2012», a commenté, hier, Serge Le Fur. Dirigeant de l'entreprise générale de bâtiment Poriel (une cinquantaine de salariés à Clohars-Fouesnant), Serge Le Fur a été élu, jeudi dernier, président de l'Union des constructeurs immobiliers qui fait partie de la Fédération française du bâtiment. L'UCI regroupe 24 entreprises (de 10 à 80salariés) dans le Finistère, soit environ 1.000 emplois. «Notre activité principale est la maison neuve, même si la part de rénovations et extensions augmente, explique-t-il. Bien sûr nous avons subi la crise. Notre visibilité est passée d'un an à six mois et le contexte général ne nous rassure pas».
«Pas de licenciements»
«Mais nous avons réussi à maintenir l'emploi, continue SergeLeFur. Il n'y a pas de licenciements dans nos entreprises. Elles ont privilégié leurs emplois salariés. Cela s'est fait parfois au détriment des sous-traitants». Les entreprises générales du bâtiment, dont le coeur de métier est la maçonnerie-charpente, sous-traitent souvent les lots techniques comme l'électricité-plomberie. Les pertes d'emploi enregistrées dans le secteur viendraient donc surtout des défaillances d'entreprises. «Nos entreprises ont plutôt bien résisté grâce à leur ancrage sur le territoire, estime le président. Nous sommes des bâtisseurs avant d'être des commerçants. Nos adhérents s'engagent à appliquer le contrat de construction qui est une protection pour les clients. Dans une période de crise, ceux qui n'offrent pas ces garanties sont aussi ceux qui sont les plus fragiles». «La relative résistance du bâtiment dans le Finistère tient aussi au fait que le département a un tissu industriel, notamment agroalimentaire, qui résiste mieux à la crise», ajoute DavidQuentric, chargé des relations avec les entreprises à la Fédération du bâtiment.
*La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), la Fédération française du bâtiment (FFB), le Syndicat national des aménageurs lotisseurs (Snal) et l'Union des maisons françaises (UMF) sont unies pour tirer la sonnette d'alarme.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012