7 octobre 2009
Le collectif anti base élèves a manifesté, hier matin, devant l'inspection académique, à Quimper, où la dernière enseignante du Finistère à faire de la résistance a été rappelée à l'ordre par l'inspection.
La directrice du regroupement pédagogique intercommunal des écoles de Cléden, Plogoff et Primelin refuse depuis le début d'enregistrer les enfants dans le logiciel «base élèves». «Partout en France, y compris dans le Finistère, on a recueilli des milliers de pétitions de parents d'élèves qui découvrent avec effarement que leurs enfants sont fichés», a rappelé Hervé Colimard, le porte-parole du collectif anti base élèves. Plus d'un millier de plaintes de parents d'élèves ont été déposées et des dépôts de plainte collectifs seront mis en place dans toute la France en coordination avec le Collectif national de résistance au fichier base élèves. «On continuera d'agir car nos enfants méritent mieux qu'un fichier qui risque de les stigmatiser. On sait aussi que des policiers ont pu utiliser ce fichier pour repérer des enfants de sans-papiers», poursuit ce dernier, saluant le courage de cette directrice qui a réussi à tenir jusque-là.
Maintenir la vigilance
«En France, nombre de directeurs ont été sanctionnés. Il y a eu des rétrogradations, des prélèvements sur salaire», souligne, par ailleurs, le représentant du collectif, ajoutant: «Si on ne maintient pas la vigilance, on craint que les questions qui ont été enlevées (*) concernant la langue parlée à la maison ou le pays d'origine, ne réapparaissent».
«Mes inquiétudes demeurent»
Les manifestants ont également fait prévaloir les recommandations du Comité des droits de l'enfant qui préconise que seules les données anonymes soient rentrées dans ce fichier et que celles-ci soient régulées par la loi. Des arguments exposés aussi par la directrice qui n'ont pas eu l'heur de convaincre. L'inspection d'académie lui a rappelé ses devoirs en tant que fonctionnaire et directrice d'école et lui a demandé de justifier par écrit sa position. «Sur le pourquoi de la base élèves, je n'ai pas eu de réponse et mes inquiétudes demeurent»
, avouait l'enseignante à l'issue de son entrevue.
* En juin2008, le ministre de l'Éducation nationale Xavier Darcos a reconnu qu'un certain nombre de questions contenues dans ce fichier portaient atteinte aux libertés et les a fait enlever.
