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Le billet de René Perez. Sauce armoricaine

20 novembre 2010

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0n est les meilleurs! La France est la première nation à inscrire sa gastronomie au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. Enfin bon, si on a bien compris, ce n'est pas tout à fait la gastronomie, c'est plutôt la façon de nous mettre à table et de partager un repas en y mettant ce cérémonial inspiré que le monde entier nous envie. The French touch, marplij! Et pourtant, la gastronomie française, ce n'est pas toujours d'une grande originalité. Tenez, prenez dimanche soir, par exemple. Sur le coup de 20h15, on était tous à table, la serviette autour du cou, les coudes bien posés, la fourchette en l'air. Et on attendait. Comme ça mitonnait depuis cinq mois, on avait forcément un petit creux.

D'autant que depuis des semaines on nous annonçait la surprise du chef, accompagnée d'un petit coup de Borloo de derrière les fagots. Et bloufff! Le soufflé est retombé. On espérait de la langouste Thermidor, on nous a resservi de la tête de veau à la Corrézienne. Mince alors, c'est ça la surprise du chef? C'est ça la cuisine française récompensée par l'Unesco? On nous a juste repassé les plats, sans même une petite sauce armoricaine pour épicer le tout. Rien! De Gaulle, c'était quand même autre chose. Puisqu'on commémore son souvenir, il faut bien reconnaître qu'il savait cuisiner à la bretonne, lui! Non seulement il arrivait à mettre les grands plats dans les petits mais il s'arrangeait toujours pour mitonner un maroquin à l'Armoricaine, un petit portefeuille à la bretonne.

À ses côtés, il y avait toujours un ou deux ministres bretons, comme Raymond Marcellin ou Yvon Bourges, deux joyeux drilles qui n'avaient pas leur pareil pour animer les fins de banquet. Enfin bon, il nous reste quand même François Goulard pour mettre de l'ambiance. Quoique... Le villepiniste maire de Vannes, dernier Breton à avoir fait partie d'un gouvernement, en avait quand même gros sur l'estomac, dimanche soir. Il avait du mal à digérer les oeufs brouillés de la mère Monchamp, porte-parole de Dominique de Villepin, passée clandestinement dans le camp d'en face pour un poste de secrétaire d'État. «Tout ça pour un quart de plat de lentilles», commentait Goulard. Et c'est bien vrai que cette façon singulière d'aller à la soupe mériterait, à elle seule, une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.

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