20 novembre 2009 - 3 réactions
Un adolescent, âgé de 16 ans, est aujourd'hui paralysé après avoir fait une chute de 7 mètres. Il avait, entre autres, absorbé de l'alcool. Sa mère dénonce la facilité avec laquelle il a pu s'en procurer alors qu'une loi durcit la vente faite aux mineurs.
Le mardi 29septembre, vers 21h30, la vie de Damien, un Trégorrois âgé de 16 ans et demi, a basculé. Sous l'empire de l'alcool, associé à une autre substance, celui-ci a fait une chute du deuxième étage d'un immeuble qu'il venait d'escalader, à Lannion (22). Il se retrouve aujourd'hui paralysé et hospitalisé à l'hôpital de LaCavale Blanche, à Brest.
«La carte d'identité devrait être exigée»
Karine, sa mère, une Milliautaise âgée de 38 ans, dénonce la facilité avec laquelle son enfant, mineur, a pu se procurer de l'alcool ce jour-là. Début novembre, elle a d'ailleurs déposé plainte contre le gérant du magasin, auprès du commissariat de Lannion. Le 21juillet dernier, la loi dite Bachelot a fait passer l'âge plancher pour la vente de boissons alcoolisées de 16 à 18ans. «Je ne trouve pas tolérable que l'on puisse vendre de l'alcool à un mineur sans qu'on exige sa carte d'identité. Cela prend deux secondes», exprime Karine dans une colère contenue. Le drame s'est produit dans un contexte de séparation amoureuse. «En fin d'après-midi, je lui ai donné 15 EUR pour qu'il se rende au fast-food avec un copain, relate la mère de famille. Mais au lieu de cela, il est allé, seul, s'acheter un pack de bières dans un commerce. Il avait déjà entamé des canettes quand il a été retrouvé par un copain au pied de l'immeuble de sa petite amie». Il aurait alors perdu tout contrôle de lui-même et entrepris cette ascension périlleuse pour rencontrer sa petite amie. C'est en redescendant les étages qu'il aurait perdu l'équilibre.
Une association de prévention créée
«Je n'ai jamais vu mon fils ivre, confie la maman, qui est bien consciente que l'alcool n'est pas seul en cause dans cet accident. J'ai toujours vérifié l'état dans lequel mon fils rentrait à l'issue de ses sorties. Je l'avais mis en garde sur les risques de l'alcool. Je veux dire aux parents que l'on a beau prévenir, les jeunes ne comprennent pas toujours». L'entourage du jeune homme vient d'ailleurs de créer, à Lannion, une association, «L'espoir de Damien», dont l'un des objectifs sera de lutter contre la vente d'alcool faite aux mineurs, l'alcoolisme et la drogue. Quant à la plainte, sa recevabilité va être étudiée par la justice. Sous l'ancienne législation, des patrons de magasin ont déjà fait l'objet de condamnation ou de rappel à la loi. En octobre2008 par exemple, le responsable d'une supérette nantaise a dû payer une amende de 300 EUR pour avoir vendu de la bière et de la vodka à deux adolescents, âgés de 14 ans, dont l'un avait été victime d'un coma éthylique.
