15 juin 2009
À Guerlesquin, fin mai, les pilleurs d'espaces verts n'y sont pas allés de main morte. Probablement bien équipés, ils ont dérobé 200m³ de terre végétale prévue pour aménager les abords d'un nouveau lotissement. Un préjudice de 4.000euros environ. Ce n'est pas tout, ils ont aussi emporté des dizaines d'arbustes qui venaient d'être plantés. Quelques jours plus tard, ils ont poussé le vice jusqu'à découper les 50m de grillage qui délimitaient le camping municipal. Même scénario à Châtelaudren, dans les Côtes-d'Armor, où les vols de fleurs et de plants sont si fréquents que la municipalité, dépitée, se demande si «ça vaut le coup de continuer à investir dans le fleurissement».
5.000EUR de préjudice par an à Quimper
On le voit, les parterres publics sont souvent la proie de ceux qui n'envisagent pas de débourser un seul centime dans une jardinerie. À Quimper, Jean-Hubert Gilson, le directeur des espaces verts, estime que la facture avoisine chaque année les 5.000euros. «Les gens qui commettent ces actes le font peu de temps après les plantations. Quand la terre est bien meuble, c'est plus facile», explique-t-il. Tout va très vite: une voiture sur un rond-point, le coffre ouvert, quelques minutes de labeur et le tour est joué. À Saint-Brieuc, le manque à gagner pour la collectivité a été évalué à 7.877euros en 2008. Ce chiffre englobe également les heures de travail passées à repeupler les parterres et l'achat de nouveaux plants. Dans la préfecture des Côtes-d'Armor, les vols représentent peu de chose comparés aux dégradations dans les espaces verts. Car sur les cinq premiers mois de l'année, ces actes de vandalisme ont coûté 21.900euros à la collectivité! À Brest aussi, les rhododendrons, camélias et hortensias fraîchement plantés attisent les convoitises. «À 15euros pièce, la facture grimpe très vite, commente Yves Guéguen, directeur adjoint du service Espaces verts. La première année, pour dissuader les chapardeurs, on enlaidit la plante en lui retirant ses fleurs. La seconde année, pas de problème, elle est solidement enracinée. Difficile de l'arracher». Ici, les travaux d'embellissement d'Océanopolis restent dans toutes les mémoires. «Les gens venaient avec leur matériel sur ces parkings reculés. C'était fou ce qui pouvait partir en une nuit.» À Lorient, en revanche, la population fait preuve d'un plus grand civisme. «On déplore seulement de 30 à 40 vols par an. C'est infinitésimal comparé aux quelque 10.000 végétaux plantés chaque année».
Des systèmes antivol
Pour lutter contre les vols, certaines collectivités investissent dans des jardinières antivol qu'on ne peut désolidariser de leur support. «À Quimper, on a aussi opté pour des piquets plantés horizontalement pour contrer les arrachages de fleurs et d'arbustes», précise Jean-Hubert Gilson. Parfois aussi, la base des arbustes les plus chers, comme les palmiers ou les oliviers, est bombée de peinture indélébile fluo. Autant de traces qui permettent de déterminer, d'un simple coup d'oeil, leur provenance.

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012