17 avril 2009
Record battu : une injonction adressée à un Brestois de payer une dette de moins d'un centime d'euro ! C'est possible ? Oui, car la réclamation, venant de Tahiti, porte sur un franc pacifique. Soit 0,84centime d'euro !
Des factures pour un centime d'euro, on en avait déjà vues. Mais l'injonction à payer, envoyée à un Brestois par la Trésorerie générale de Polynésie française, fait mieux encore! La somme demandée est très exactement de un franc du Pacifique (1FCP), ce qui représente 0,84 centime d'euro, cette minuscule pièce jaune qu'on ne trouve pratiquement plus que dans les boulangeries. Comme notre Brestois n'avait pas de FCP sur lui, il a carrément envoyé un centime par courrier. Et attend maintenant qu'on lui renvoie la monnaie de sa pièce...
121,87 ou 121,88?
Alain Bescond n'est pas du genre à laisser ses dettes impayées. Il a donc réglé une amende de 14.544 FCP que lui avait infligée le Trésor polynésien pour un contentieux entre lui et son ex-épouse qui résidait là-bas au moment des faits. Il conteste le contenu de cette décision mais n'en a pas moins accepté de payer cette amende de 14.544FCP. Il a donc pris sa calculette, fait la conversion et a aligné 121,87EUR, en chiffres et en lettres, sur un chèque dûment envoyé à la Trésorerie générale de Tahiti. Le chèque nº5134174 a bien été encaissé, le 29août 2008, mais un agent, probablement très sourcilleux, a refait les comptes pour établir que le chèque aurait dû se monter à 121,88EUR au lieu de 121,87. Disons, à quelques décimales près. Car en réalité, la somme serait de 121,8784 si l'on pouvait rajouter quatre chiffres après la virgule. Elle a été arrêtée à 121,87 par le Brestois mais à 121,88 par l'administration polynésienne qui a mis en marche la procédure de recouvrement contentieuse pour récupérer ce 0,8 centime d'euro (donc 1 FCP) actuellement en poche restante entre Brest et la Polynésie.
Lettre+rappel!
Alain Bescond vient de recevoir une «lettre de rappel» lui enjoignant de payer 1 FCP. Ce qui signifie donc qu'un premier courrier était déjà parti de Papeete. «Je ne l'ai jamais reçu, sinon ils auraient déjà entendu parler de moi», assure le Brestois, sidéré d'apprendre ainsi que deux courriers ont été expédiés de Polynésie pour une somme de 1 FCP, soit 0,8 centime d'euro. Le tout assorti de menace de poursuites, saisie de biens, saisie immobilière... Et peut-être bientôt la paille humide du cachot. Face à ce casse-tête monétaire et ne disposant pas d'un compte en FCP, le Brestois a renoncé à l'envoi d'un chèque qui aurait pu entraîner de nouveaux frais, voire de nouvelles complications. Il a donc scotché un centime d'euro sur sa lettre de réponse, en règlement de sa dette. En utilisant les mêmes termes que dans la lettre de rappel qu'il a reçue, Alain Bescond indique au Trésor polynésien que ce centime d'euro «correspond à 1,1875751 FCP» et lui demande donc de bien vouloir lui rembourser le trop perçu par rapport à la somme réclamée (1FCP tout rond), soit la somme de 0,1875751 FCP, par un moyen à sa convenance. Tout le monde suit? Avant que ce contentieux intercontinental n'arrive sur le bureau de Strauss-Kahn au FMI, on se permet une petite suggestion: les deux parties devraient peut-être solliciter le concours d'Olivier de Kersauson qui désormais partage sa vie entre Brest et la Polynésie. S'il y a un nouveau transfert monétaire à effectuer entre les deux continents, il pourrait peut-être s'en charger pour éviter de nouvelles dépenses superflues.
