3 juillet 2009
On parle beaucoup des îles et du tourisme mais finalement, avec très peu d'outils, d'évaluation. Un récent séminaire tenu sur l'île d'Ouessant l'a montré.
Une étude peut balayer des idées reçues. Celle effectuée sur les îles de Chausey, par le laboratoire brestois Géomer (Institut universitaire européen de la mer) a montré que la fréquentation la plus forte ne venait pas des visiteurs empruntant les navettes, mais des plaisanciers. Ce labo étudie d'autres sites dans le cadre du programme «Liteau», du ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire. C'est le cas, notamment, du Mont Saint-Michel, à travers un observatoire de la fréquentation, en cours de montage. Histoire de mieux cerner le chiffre de troismillions de visiteurs par an, dans le cadre du réaménagement en cours. Liteau s'est intéressé aussi, dans le Morbihan, à l'île d'Arz, à l'île-aux-Moines, aux alignements de Carnac, ou encore, plus au sud, à Porquerolles.
Une méthodologie
L'approche intéresse l'association des îles du Ponant, co-organisatrice du séminaire. «La méthodologie qui se met en place ailleurs peut nous être utile», commente son président, Denis Palluel, qui parle pour Ouessant, dont il est le maire. «Les évaluations sont souvent celles issues des bateaux, mais ce n'est pas suffisant. Qu'est-ce que font les gens sur l'île? Il y a là tout un aspect qualitatif. Ce qui manque aussi, ce sont les croisements de points de vue entre les dimensions économique et environnementale». Placer au bon endroit le curseur, entre «trop» et «pas assez de tourisme», est assez subjectif aussi. «Ce qui est valable sur une île ne l'est pas sur une autre», observe Pierre-Philippe Jean, directeur de l'association des îles du Ponant. Le problème n'en est pas moins récurent. «Nous souhaitons un mieux touristique, pas un plus, 200.000, c'est déjà beaucoup», commente Daniel Lorcy, maire de l'île d'Arz.
Étaler le flux
L'étalement est un moyen. «Le tourisme hors saison augmente globalement, il y a bien une raison. Tout le monde y trouve intérêt», constate, pour sa part, Denis Palluel. Accueillir les touristes ne consiste pas non plus à céder n'importe comment à n'importe quelle demande. «Si vous les écoutez, il faut installer des consignes, des toilettes et, à la limite, qu'il n'y ait plus de marées!», remarque, volontairement lapidaire, Louis Brigand, de Géomer.
