24 décembre 2010 - 6 réactions
Ce n'est pas la première fois que les coquilliers viennent endommager un des systèmes immergés qui sert aux réglages des navires de la Marine nationale. En décembre2008 et février2010, les coups de drague sur les installations militaires de la Direction générale de l'armement n'avaient jamais été identifiés. Le système sous-marin acoustique avait subi d'importants dégâts pour une ardoise totale dépassant le million d'euros! Mais, se heurtant à la profonde omerta du milieu, les enquêteurs n'ont jamais réussi à id
entifier le ou les auteurs. Cette fois-ci, le vent a tourné.
Six d'un coup
Pour ce troisième incident en trois ans, six bateaux oeuvrant pendant les heures de pêche autorisées ont été surpris à draguer dans la zone interdite de la baie du Fret. Six coquilliers d'un coup, au même moment, pour une action de pêche constatée par une patrouille des Affaires maritimes. Le doute d'un coup de drague malheureux ou d'une mauvaise estimation d'un patron aura, cette fois-ci, du mal à tenir la marée. Le mythe d'une brebis galeuse jetant le discrédit sur un groupe de professionnels se lézarde brutalement. Six bateaux dans la mêlée, dans une zone parfaitement délimitée par des marques sombres et des bouées rouge vif. Il fallait vraiment le vouloir pour se retrouver ensemble, au même moment à cet endroit. Est-ce que l'un d'eux y est allé et que les autres ont suivi bêtement? Est-ce que les bateaux ont attendu que le garde-pêche payé par la profession ne s'éloigne pour rejoindre la zone interdite? Pas de chance ce jour-là: les agents des Affaires maritimes étaient à l'affût et n'ont eu aucune difficulté à constater le flagrant délit. Mais pourquoi aller prendre le risque de laisser au fond sa drague immatriculée? Parce que, à cet endroit, la pression de pêche y est théoriquement nulle et que les coquilles s'y développeraient en abondance.
Une croche a bien eu lieu
Cette fois-ci et sans doute parce que la constatation des Affaires maritimes s'est faite très rapidement, il n'y a pas eu de casse sur l'installation sous-marine. Une drague s'est tout de même prise dans un bloc de protection positionné en avant de l'équipement sous-marin. Après une plongée de vérification effectuée par le Groupe d'études sous-marines (Gesma), la croche n'a, semble-t-il, pas effectué davantage de dégâts. «Le polygone fonctionne normalement. Mais force est de constater que les deux croches dévastatrices de2008 et2010 n'ont servi à rien» commente-t-on, consterné, au Gesma.
Vers une plus large interdiction?
«Nous souhaitons rencontrer au plus vite le comité local des pêches pour rappeler l'importance et le coût de ce type d'installation sous-marine», commente Stéphane Toulliou, le directeur adjoint du Gesma à Brest. «Ce nouvel incident prouve malheureusement que la pédagogie et le balisage en mer ne suffisent pas. Faudra-t-il un jour en venir à interdire une plus grande zone autour de ces trois polygones?».
16 mai 2013 à 11h04 - 13 réaction(s)
18 mai 2013 à 09h03