12 février 2008
Le propriétaire de l'île Wrac'h, au large de Plouguerneau, a été condamné à défaire la digue érigée pour contenir la houle.
« Il n'appartient pas à un propriétaire individuel de s'instituer juge de l'intérêt collectif. Dans un site classé, il ne lui revient pas de décider de quelle manière doit être préservé le caractère pittoresque d'un site ».
Ainsi en a décidé le tribunal correctionnel de Brest, qui condamne donc le propriétaire de l'île Wrac'h à remettre en état ce site classé, « dans la situation qui était la sienne avant la réalisation des travaux ». Un délai de six mois lui est imparti, avec une astreinte de 75 par jour s'il ne se conformait pas au jugement après ce terme.
Menacé d'être englouti
Voici donc un nouvel épisode dans ce feuilleton juridique qui dure depuis 1999. Cette année-là, le propriétaire avait renforcé, à ses frais et à l'aide de plusieurs tonnes de granit, la digue artificielle qui protégeait son îlot de l'assaut des marées et de la houle qui menacent de l'engloutir définitivement. La municipalité de Plouguerneau avait donné son accord tacite à ces travaux. Mais Bretagne Vivante ne l'entendit pas de cette oreille : Faisant valoir qu'il s'agissait d'un site classé depuis 1982, l'association écologiste avait dénoncé une modification des lieux interdite par la loi.
Appel
« fortement envisagé »
Pour trancher, le tribunal avait sollicité l'avis du préfet, qui a estimé la remise en état du site, ainsi que son rachat par le Conservatoire du littoral, « très souhaitable ». Le juge a tenu compte de ces observations, et n'a pas, dans son délibéré, abordé la possible disparition de l'îlot Wrac'h privé de sa digue de protection. Contacté hier soir, M e Elard, défenseur du propriétaire, envisageait « fortement » de faire appel.
