12 juillet 2008
Quel est le nom du dernier Brestois à avoir été ministre ? Au Trivial Pursuit, cette question-là est à peu près du même niveau que de trouver le nom du funambule qui fut le premier à passer au-dessus des chutes du Niagara. C'est comme ça. Brest est probablement la grande ville de France à avoir décroché le moins de portefeuilles ministériels puisqu'il faut remonter à l'avant-guerre et à Victor Le Gorgeu, sous-secrétaire d'État, si l'on excepte Yves Guéna et Anne-Marie Idrac qui ont eu quelques accointances brestoises. Mais qui ne revendiquent pas l'estampille. C'est maigre. Et aussi loin que porte le regard, ce n'est pas demain qu'on va en dégoter un. À ce palmarès maigrichon, Brest a aussi, longtemps, ajouté la réputation d'une place infréquentable par les ministres. À l'époque des restructurations, pas un seul n'osait pointer le nez. Trop de caractère, les Brestois ! Alors face à ce double constat, ce samedi 12 juillet est un jour historique : la ville accueille 27 ministres ! Tous les ministres des Affaires européennes des 27 pays de l'Union ! Une cargaison entière ! Un arrivage exceptionnel ! Un déstockage massif ! Et comme dans ce déplacement hors norme, on ne fait rien à moitié, voilà qu'on annonce que les ministres vont venir faire un tour à Brest 2008 avant d'embarquer en compagnie de Michel Platini pour une soirée spéciale foot européen. La véritable question qui se pose aujourd'hui, c'est bien entendu de savoir comment on peut balader 27 ministres à Brest 2008. Les faire passer en car dans la fête ? Impossible. Leur demander de se tenir par la main ? Pas très protocolaire. Leur mettre à tous sur la tête un bob à carreaux Cochonou pour ne pas les perdre de vue ? Ça risque de faire fête à neuneu. On attend donc de voir comment les organisateurs vont s'y prendre pour faire passer cet aréopage ministériel, avec le risque d'en paumer deux ou trois dans la foule. « Il est où, mon ministre ? » Alors, si au fil de votre balade sur les quais, vous croisez un Letton égaré, un Maltais dérouté, une Anglaise déconfite, un Bulgare hagard, un Danois divaguant, un Polonais au vent, une Slovaque errante ou un Transalpin perdu, ne soyez pas étonné : il s'agit peut-être d'un ministre. Merci de bien vouloir le raccompagner à l'accueil, à l'entrée de la fête, en prenant de nécessaires précautions. N'oublions pas que mardi, à l'Armada de Rouen, Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque, est tombé à l'eau en descendant d'un vieux gréement. Il faut donc redoubler de prudence. Y compris avec les ministres du culte.
