31 mai 2008
Oui, le CHU de Brest soutient et soutiendra l'hôpital de Carhaix. Non, il ne sera pas le sauveur attendu, du moins pas d'ici au 6 juin. « On ne laissera pas tomber l'hôpital de Carhaix. Seulement, le CHU le fera avec ses moyens, eux-mêmes fragilisés », résumait, hier, François Cuillandre, président du conseil d'administration du CHU, au soir de sa rencontre avec la délégation carhaisienne.
Il précise : « Les médecins sur-occupés à Brest ne pourront pas opérer ou faire accoucher à Carhaix. Mais on fera tout ce qui est possible. Sur une éventuelle fusion ? Pourquoi pas. Mais quid du déficit de l'hôpital de Carhaix ? Est-ce que le CHU l'absorbe ou l'État abonde ? ».
L'État, justement, pourrait apporter des éléments de réponse ce matin. Annie Podeur, directrice générale de l'hospitalisation et ancienne directrice de l'ARH, reçoit, en effet, les Carhaisiens au ministère (le rendez-vous a été avancé à sa demande). Et le soutien brestois pourrait être un argument de poids à l'heure de demander du temps. « Nous demanderons à Annie Podeur de respecter le SROS 3, qu'elle a elle-même signé, et qui garantit le maintien de nos services jusqu'à la fin 2010 », promet Christian Troadec.
Jouer sur l'exception géographique
Pour gagner du temps, un CA exceptionnel de l'hôpital a désigné ce matin M e Herrmann, du barreau de Toulouse, pour attaquer l'arrêté d'Antoine Perrin ordonnant la fermeture des services au 6 juin. M e Herrmann est l'avocat qui avait défendu et rouvert la maternité de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), au nom de l'exception géographique.
Enfin, le directeur de l'hôpital François-Louis Berthou a pris acte, hier matin, de l'injonction de faire appel à une agence d'intérim pour trouver des anesthésistes. « Par ce biais, à 1.500 TTC par jour, c'est possible qu'on les trouve. Mais je ne sais pas si cela suffira aux yeux de Monsieur Perrin », nous confiait, hier, M. Berthou.
