25 novembre 2008
Devenu au fil des semaines le symbole de la lutte des hôpitaux de proximité pour le maintien de leurs services, Carhaix pourrait désormais être celui de la défense des cadres hospitaliers face à la colère populaire. La « séquestration » du directeur par intérim de l'établissement, jeudi dernier, suscite en effet un vif émoi auprès des syndicats de cadres hospitaliers. Première à dégainer, la FHF (Fédération hospitalière de France) Bretagne : « Ériger les directeurs en bouc émissaire ne résout pas les problèmes de fond que chacun connaît (...). Il est temps que les agissements violents vis-à-vis des personnes cessent ». Le Syndicat national des cadres hospitaliers (SNCH) rappelle, quant à lui, que « l'action syndicale passe par le respect des personnes et s'exprime par le dialogue social et non par la violence ». « Les directeurs d'hôpital n'accepteront plus d'être utilisés comme fusibles, d'être désignés comme seuls responsables, voire d'être livrés à la vindicte populaire ». Le SNCH réclame « de la reconnaissance pour des professionnels surexposés qui oeuvrent pour l'accès de tous à des soins de qualité ». Enfin, le Syncass-CFDT (syndicat des cadres de direction des établissements sanitaires et sociaux) s'appuie sur l'exemple carhaisien pour rappeler qu'« il est de la responsabilité de l'État et de ses services de mettre en oeuvre la protection juridique et fonctionnelle des directeurs et de les soutenir ». Le Syndicat interpelle clairement Christian Troadec, en soulignant qu'« un élu, président du conseil d'administration, engage fortement sa responsabilité lorsqu'il encourage ou cautionne des modalités d'action illégales ou contraires aux règles élémentaires. Cela est encore plus grave lorsqu'il y participe directement ». Le Syncass-CFDT conclut : « Les organisations syndicales se concerteront pour intervenir auprès du directeur de cabinet et proposer, dans les jours qui viennent, les actions pour réagir ».
21 mai 2012 à 09h45 - 9 réaction(s)