9 avril 2010
«Le salon du livre de Paris a été fatiguant, c'est toujours très bruyant, mais j'étais très bien placée sur le stand de la Bretagne, juste en face de l'espace d'un grand éditeur parisien qui avait invité Salman Rushdie. Sa file d'attente pour des dédicaces s'étirait sur plusieurs dizaines de mètres», raconte Françoise Buisson, une Concarnoise née à Brest qui est tombée, un jour, dans la marmite de l'édition.
Une recette boudée
Depuis, elle multiplie sa participation à des salons du livre partout en France et à des séances de dédicaces dans les librairies bretonnes, à la belle saison. «Je suis le dinosaure de l'auto-édition», s'amuse-t-elle. Tout ça n'aurait sûrement jamais existé sans un petit coup de pouce du destin qui a incité cette mère de famille à sortir de sa cuisine pour faire partager son amour des plats de poisson. «Sans une recette boudée par mon mari et mes enfants, je n'aurais sûrement pas commencé à écrire des livres de cuisine. J'ai été piquée au vif quand ils m'ont dit que ce n'était pas bon et qu'ils voulaient du pâté Hénaff et une boîte de cassoulet. Le jour même, je suis tombée sur l'annonce, dans le Télégramme, d'un concours de recettes de poisson. Énervée par mon revers, j'ai aussitôt pris la plume pour proposer mon ?ânon en fête?, cuisiné avec des concombres, qui n'avaient pas plu à mes convives». Une fois son coup de sang retombé, Françoise Buisson oublie complètement sa candidature. Un coup de téléphone du Télégramme lui apprenant sa sélection la plonge dans une aventure culinaire inattendue. «Je me suis retrouvée à cuisiner sur un podium avec des casseroles immenses, entourée des autres concurrentes, sur un salon des produits de la mer, à Douarnenez. Et j'ai gagné!».
25.000 Ã 30.000livres
Son plat obtient les faveurs d'un jury de cuistots professionnels reconnus. Et de fil en aiguille, l'idée d'un premier livre de cuisine se fait jour. «J'ai commencé par 130 recettes simples de poissons et comme je ne trouvais pas d'éditeur, je me suis lancée, sans rien y connaître, en allant voir un imprimeur». Au milieu des années 80, la démarche du compte d'auteur n'est pas encore si courante. L'ouvrage imaginé est luxueux, rempli de photos. «Je voulais éditer ce livre en hommage à ma mère, qui m'a transmis ses recettes, mais le montant demandé dépassait mes capacités, j'ai revu mon projet plus modestement». En trois semaines, un millier d'exemplaires sont vendus par souscription. Après ce premier livre, d'autres suivent, près de vingt en tout, à des prix abordables, entre 5 et 17 EUR. «En 24 ans, j'ai dû vendre 25.000 à 30.000livres». Et cela continue avec son dernier ouvrage, consacré aux coquillages, dans la série «50 recettes pour...», illustré par son complice, le dessinateur Christophe Lazé. «Je trouve encore le temps de cuisiner et d'imaginer de nouvelles recettes, souvent par hasard, en fonction de ce que j'ai dans mes placards. J'ai ainsi conçu la Tatin de coquilles Saint-Jacques à la moutarde». Pratique Françoise Buisson Editions, 6, rue Montaigne, 29900 Concarneau. Tél.02.98.92.08.01. fbuissoneditions@gmail.com

25 mai 2012 à 14h35 - 7 réaction(s)
25 mai 2012
25 mai 2012