6 novembre 2009
Le petit festival devenu grand reprend ses bonnes habitudes à Brest. Pour la 24e année, le film court va crever l'affiche dix jours dans la cité du Ponant en montrant à un public nombreux les talents du jeune cinéma européen.
Le Quartz de Brest en frémit déjà. Pour une fois l'an, la grande salle du théâtre brestois va troquer ses habits ordinaires pour laisser se dérouler le grand écran des nuits blanches brestoises de novembre. Il faut dire que chaque année, le plus boulimique des cinéphiles ne peut absorber l'intégralité de ce programme dense et riche, tant les portes d'entrée pour accéder à ce genre cinématographique trop peu connu sont ici nombreuses. «Cette multiplication nous est parfois reprochée» admet Philippe Coquillaud, délégué général de l'événement, «mais pour nous, il s'agit d'une richesse». Celle de permettre au plus néophyte des spectateurs de rejoindre l'un des 45.000 fauteuils occupés l'an passé à l'occasion d'une séance de compétition, d'animation, de Brest Off, de films bretons ou d'une rétrospective dédiée à l'un des cinéastes honorés.
La jeunesse de l'Est
Cette année, la recette éprouvée depuis des années ne change pas: au strass d'un «pipole» payé à prix d'or pour une participation aléatoire, les organisateurs ont choisi la quantité et la qualité. Outre les traditionnelles compétitions et Brest Off, s'agrège cette fois-ci un vaste panorama offert au cinéma de l'ex-Europe de l'Est, vingt ans après la chute du Mur de Berlin. Le premier écho à cette envie s'entendra lors de la soirée d'ouverture de demain, programmée pour la première fois dans le grand théâtre du Quartz. Elle explorera en deux temps le thème. L'avant et les «sweet sixties» où éclosent des réalisateurs comme Wajda ou Kieslowski et l'après où d'autres murs continuent à s'édifier au hasard des péripéties de l'histoire. Prévues encore pendant la semaine, des séries consacrées à la Pologne, la Roumanie ou à la République tchèque montreront la belle vivacité de ce cinéma engagé et brûlant.
Rohmer pas contre tous
Comme tous les ans aussi, le festival rendra hommage à deux réalisateurs. Selon la coutume, l'un est un maître du cinéma, l'autre un novice prometteur. Hélas! Si l'an passé, Peter Greenaway avait pu se rendre dans la cité du Ponant, il n'en sera pas de même pour le vieux ténor français Éric Rohmer. En revanche, Diane Baratier, chef opératrice du cinéaste, sera à Brest ainsi que Noël Herpe, spécialiste de l'oeuvre. L'une des actrices fétiches de Rohmer, Rosette, sera aussi dans la cité du Ponant. Elle participera au jury de ce 24e festival aux côtés de Marc Fitoussi, le président. Là aussi, peu ou pas de noms ronflants, mais une véritable fiabilité artistique pour départager les 40 films en compétitions où tous les cinémas européens se disputeront une lutte sans merci pour décrocher l'un des cinq prix. Mais avaler de la pellicule pertinente et gonflée de jeunesse dans une ambiance sympa, finalement, ça vaut Cannes tous les jours.
Brest ville. Festival du film court. Histoire de (re) faire le mur
Lanester. Festival du cinéma allemand. Les projections se succèdent